François Fillon a été le plus applaudi des candidats à l’Élysée mardi au Medef puis, hier, par les agriculteurs de la FNSEA.

Oui, c’est frappant. Et la question qui se pose est : est-il toujours, François Fillon, le candidat à la présidentielle aimé des milieux économiques ? Malgré ses ennuis judiciaires. Malgré les fluctuations bizarres de sa ligne de défense. Malgré la désertion d’une partie des troupes Les Républicains. La réponse est : l’homme non, le programme oui. Les milieux économiques sont certes séduits par Emmanuel Macron, son habileté, sa rapidité aussi. Mais côté projet ils pensent que l’économie a besoin d’être secouée et ils ne sont pas sûrs que Macron la secouera vraiment, qu’avec lui le pays ne continuera pas à descendre doucement la pente. Ils ont vu, les chefs d’entreprise, les chiffres de l’Insee qui viennent de révéler que la dette publique avait touché pour la première fois fin 2016 la barre des 96 % du produit intérieur brut. Ils ont lu que le déficit public n’avait baissé que de trois tous petits milliards d’euros, ce qui démonte l’idée de l’austérité, idée pourtant aussi répandue que le pollen au printemps. Ils ont entendu tout cela et un projet clair, libéral, mis en œuvre dès cet été, leur conviendrait. Bref, la nuit, ils rêvent du projet Fillon.

Mais serait-il capable de le mettre en œuvre ?

Voilà, et c’est naturellement ce qui a changé. La clé de lecture d’un acteur économique, c’est la capacité à avoir des résultats. Déjà sa stratégie « c’est à prendre ou à laisser » avait étonné. Son affichage d’une baisse de 500.000 du nombre de fonctionnaires n’a ainsi jamais été compris. Un chiffon rouge inutile. Depuis ses affaires, François Fillon est de surcroît abîmé, l’homme a déçu sur le plan personnel. S’il gagnait l’élection, pourrait-il gouverner et agir ? Le doute est énorme. Du coup, les milieux économiques n’en sont pas (pas encore?) à l’applaudir comme on applaudit le gladiateur qui a perdu mais s’est bien battu dans l’arène. Ils restent impressionnés par le fait qu’il n’a presque pas bougé d’un iota son projet depuis deux mois. Mais ils sont indécis et leurs regards flottent ailleurs. Dans l’idéal, ils rêvent d’un « croisement » Fillon-Macron. Le projet et l’homme. Bon, la vérité est qu’ils se disent surtout que si l’un ou l’autre gagne, et si le risque Marine Le Pen est écarté, il y aurait un président pro-business et que ce serait une bonne chose.

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