La vente de carburants est en recul de 70% par rapport à l'avant-confinement. Les prix à la pompe n'ont pas baissé autant en raison du poids des taxes.

Station service en France
Station service en France © Getty / Dutchy

Au début de la troisième semaine de confinement, il est intéressant de voir l'effet de ce confinement sur la circulation automobile, et la consommation de carburants est un indicateur important. 

Cet effet est spectaculaire, totalement inédit dans l’histoire, et le chiffre que l’on peut donner est cohérent avec ce que chacun voit sur les routes et dans les rues : moins 70%, nous indiquaient hier soir à la fois un grand groupe pétrolier et une grande enseigne de la distribution. Dans certaines régions, probablement l’Ile-de-France, on parle de -80%. Lors de la première semaine de confinement, on était autour de -55%, cela veut dire (si on ose dire) que le plongeon bondit. 

Cette déroute de la consommation se constate dans beaucoup de pays et elle a une conséquence : le prix du baril de pétrole est à son plus bas niveau depuis dix-sept ans sur les marchés mondiaux : 26 dollars sur le brent à Londres, moins de 20 dollars aux Etats-Unis.

Normalement, si on en croit les cours d’économie, la conséquence d’une baisse de la demande devrait être évidente : les prix à la pompe devraient eux aussi plonger. C’est la loi de l’offre et de la demande, l’élasticité des prix pour faire pédant. 

Eh bien non, les données publiées hier soir par le ministère des transports indiquent une baisse certes, mais pas une dégringolade. Le gazole est 1,24 euro le litre, une vingtaine de centimes de moins qu’en janvier, mais pas plus. 

L’explication est évidemment à chercher du côté du poids des taxes, qui représentent 60% du prix des carburants. 

Alors, me direz-vous, quel est l’intérêt de cette information sur le prix des carburants puisque que personne ou presque ne roule ? Celui-ci : nous sommes chez nous, mais au moins les automobilistes n’ont pas la double peine de constater que les prix à la pompe auraient été divisés par trois.

Il y a une victime collatérale : le Budget de l’Etat et des collectivités locales. Tout recul de la consommation fait perdre des milliards à l’Etat. Un calcul de coin de table indique qu’un mois de confinement, avec ces effets sur la circulation automobile, représente un manque à gagner de 4 milliards d’euros. Deux mois, ce serait 8 milliards. 

Au total, oui, -70% de carburants en France : les conséquences sont tous azimuts.

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