Emmanuel Macron va décider de nouvelles mesures et les annoncer aux Français ce soir. La nouveauté est que ces derniers ont sous les yeux, avec ce qui se passe dans d'autres pays, les effets du retard vaccinal. -et d'une possible erreur de stratégie.

Emmanuel Macron doit prendre une nouvelle fois une décision
Emmanuel Macron doit prendre une nouvelle fois une décision © Getty / Antoine Gyori /Corbis

Emmanuel Macron doit donc aujourd’hui, une nouvelle fois, prendre des décisions. Une nouvelle fois, et il y a forcément une impression de répétition et de lassitude. Mais c’est la première fois depuis un an que la comparaison internationale va jouer un rôle très important dans le regard que l’on porte sur notre propre situation.

Une nouvelle fois, vous l’avez dit, et il y a forcément une impression de répétition et de lassitude – vous remarquerez que pour la première fois les médias ne rivalisent pas pour essayer de savoir ce qui va être annoncé. 

Mais il y a sans doute une nouveauté

C’est aussi la première fois depuis un an que la comparaison internationale va jouer un rôle très important dans le regard que l’on porte sur notre propre situation. Il y a un an, le parallèle était sans cesse fait avec l’Allemagne et sa gestion sanitaire. Mais on était tous dans le même bateau, celui de la crise. 

Aujourd’hui, la comparaison est faite avec des pays qui sont en train de tourner la page du virus.

Cela peut se révéler plus cruel, pour la France et son gouvernement, parce qu’il y a des images : aux Etats-Unis, les images des vaccinations massives, au Royaume-Uni, les images de la vie qui reprend. 

On connaît la formule : quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console. 

Eh bien, le risque aujourd’hui, c’est que les Français renversent cette formule : quand je me regarde je cherche à me consoler (en me disant que nos écoles sont restées ouvertes), mais quand je me compare je me désole. 

Alors, çà c’est le risque, mais la désolation est-elle à ce point de mise ?

En réalité, non. Au Royaume-Uni -notre plus proche voisin-, le nombre de décès a certes spectaculairement régressé, mais il y en a déjà eu 126 à 150.000 et si les parcs ont rouvert lundi, la vie reste très contrainte -et ici les parcs sont ouverts. 

Et, en 2020, l’économie britannique a davantage plongé (-10%) que presque toutes les autres. Y a-t-il quand même des leçons à tirer de l’étranger ? Oui. 

  • Un : les pays qui commencent à sortir la tête de l’eau ont tous présenté à leur population des calendriers, avec des échéances, pour tracer un horizon. 
  • Deux : on le sait, ils ont mené à fond de train leur vaccination – mais là on y arrive, la France va recevoir 30 millions de doses entre avril et mai. 
  • Trois : leurs dirigeants, comme Boris Johnson (sans parler d’Angela Merkel), ont reconnu  avoir fait des choix qui ont eu de lourdes conséquences, et parfois même avoir fait des erreurs. Généralement, leurs opinions le comprennent parce que les choix sont tous entre de mauvaises solutions, et cela les grandit.
L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter