Avez L’édito éco, de Dominique Seux. Ce matin, pas de énième édito sur les 35 heures mais, juste avant les départs pour le pont de la Toussaint, des éléments sur les radars, qui flashent les excès de vitesse !

Oui, parce que Les Echos se sont procurés des éléments budgétaires qui sont discrètement inscrits dans le projet de loi de finances pour 2013 et qui seront bientôt discutés par les députés. L’information essentielle est que les recettes des radars devraient battre, selon les prévisions, un nouveau record l’an prochain. L’Etat attend 713 millions d’euros - c’est précis ! -, soit 11% de plus que l’an dernier et 50% de plus qu’il y a cinq ans. C’est une mauvaise et une bonne nouvelle. Mauvaise : cela veut dire que les conducteurs roulent encore trop vite ; bonne - cela va faire bondir des auditeurs mais c’est un parti pris assumé - parce que cela veut dire que l’Etat ne relâche pas son effort. Au-delà du chiffre, quatre éléments économiques peuvent être retenus.

Le premier concerne, justement, l’effort de l’Etat.

Oui, droite et gauche confondues, les gouvernements ne changent pas de cap - alors que l’on voit tant de zigzags dans d’autres domaines. Le système mis en place fait que, crise ou pas, il y a des moyens pour déployer de nouveaux dispositifs : le nombre de radars flash n’augmente plus, mais il y aura des milliers de radars pédagogiques. Les recettes financent les nouvelles machines et les transports en commun. Le résultat se lit dans les statistiques de la sécurité routière et la baisse régulière de la vitesse en France.

Deuxième élément, nous avons un impôt européen !

Et nous ne le savions pas ! Les étrangers en excès de vitesse sont de plus en plus soumis à l’amende. La coordination européenne avance et remplit les caisses de l’Etat. Jusqu’à présent, seuls les suisses et les luxembourgeois devaient payer. Depuis le 1er juillet, les belges aussi. Et ils ont reçu pas loin de 200.000 contraventions, qu’ils règlent plutôt. Cela devrait être la même chose d’ici un an pour les Allemands, les Espagnols et les Italiens. Les conducteurs étrangers représentent 5% du trafic, mais un quart des excès de vitesse !

Troisième leçon économique : les radars, un cas d’école du bon fonctionnement des administrations.

C’est un aspect peu connu. La gestion des radars est un cas unique. Travaillent ensemble beaucoup d’administrations et d’entreprises privées, et cela fonctionne sans couac majeur. La chaîne fait intervenir les ministères de l’Intérieur, de la Justice, de l’Equipement, Bercy, Safran, La Poste, Atos et l’Agence nationale du traitement automatisé. On n’ose pas le dire, mais c’est la RGPP en action. Le projet sujet désormais, c’est la lutte contre tout ce qui distrait les conducteurs, comme le téléphone.

Dernier point : le système est relativement accepté.

Vous avez raison de dire relativement : on entend beaucoup parler de « racket ». Mais il y a moins de 1% de contestation. Pour avaler la pilule, les conducteurs flashés peuvent se dire qu’une partie de l’argent va au désendettement de l’Etat – donc la bonne cause. Mais pas sûr que cela suffise à les consoler.

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