Ce matin, un coup de chapeau à une politique publique qui marche bien.

Quand on écoute les débats publics, elles ne sont pas si nombreuses les politiques publiques qui obtiennent des résultats indiscutables et qui sont soutenues par l’opinion. On pense à la politique familiale par exemple – mais quoi encore ? Eh bien, on peut penser aussi, à la veille du week-end de la Toussaint, à la politique de sécurité routière. Il y a un peu plus de dix ans maintenant, c’était le 14 juillet 2002 sous l’impulsion d’un Jacques Chirac réélu presque par surprise, un pays tout entier a mis ses forces, y compris financières et économiques – et c’est pour cela que l’on en parle ici -, dans la bataille contre la mortalité routière.

Et donc avec des résultats ?

La France était la honte de l’Europe. Elle ne l’est plus. En cinquante ans, la mortalité routière au km a été divisée par quinze. Je dis au km parce qu’il faut tenir compte (pour être rigoureux) de la hausse continue du nombre de kms parcourus et pas simplement du nombre de tués. Cela étant, pour s’en tenir aux chiffres les plus simples, sur les douze derniers mois, 3.700 personnes ont perdu la vie sur la route, c’est 11% de moins en un an. Mieux, en dix ans, le nombre de morts a été divisé par deux, c’est spectaculaire. Si on avait 10% de ce résultats sur le chômage, la pauvreté, la compétitivité de l’économie on crierait au miracle. Et pourtant, ce n’était pas forcément plus facile pour la route puisque 45 millions de conducteurs sont concernés.

Comment s’explique ce succès ?

Il y a beaucoup d’éléments. Le premier, indispensable, nécessaire, est qu’il y a eu un consensus politique sur ce sujet. Rares sont les sujets qui ont ce privilège. Pompidou se moquait du consensus en ironisant sur ce mot, consensus, qui commence mal. Il avait tort. En tous cas sur la sécurité routière, les Français ont su très vite qu’il n’y aurait pas d’échappatoire.

Ça, c’est le premier point, et ensuite... ?

Une grosse pression a été mise sur les constructeurs automobiles, pour qu’ils renforcent les voitures, les protections. Et puis, bien sûr, l’objectif numéro un a été de ralentir la vitesse moyenne de circulation en France, par les radars, les contrôles etc. – tout cela est archi-connu. Dans les documents budgétaires (oui budgétaires) publiés il y a quelques jours, on lit que la vitesse moyenne (toutes routes confondues) devrait passer de 79,2 km/h en 2012 à 77,5 km/h l’an prochain. En dix ans, cette moyenne a déjà diminué de 10 km/h.

Il y a d’autres facteurs qui jouent ?

Outre l’éducation à la conduite plus précoce, la lutte contre les conduites à risque, ce qui joue depuis quelques mois, c’est de mettre en cause la responsabilité des conducteurs étrangers. Depuis cet été, les Espagnols et les Hollandais sont sanctionnés s’ils roulent trop vite. Une sorte d’impôt européen !

Des ratés quand même dans ce succès ? Un gros. Des élus locaux ont fait du zèle inutile, on a du coup 30.000 ronds-points, un record, qui ont coûté entre 10 et 20 milliards d’euros. Avec tant de ronds points, on comprend que la France, dans tant d’autres domaines, ne tourne pas rond !

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