Le gouvernement a donc dévoilé hier son plan de réforme de l’accès à l’université et pour les étudiants.

On connaît la formule imagée illustrant le fait qu’on est d’un côté ou l’autre d’une barrière : on ne peut être vierge et enceinte à la fois. Le gouvernement, sur la sélection pour entrer dans l’enseignement supérieur, montre qu'on peut être entre les deux. Sélection mais pas toute la sélection, canalisation mais pas tri, oui à l’étudiant qui n’a pas le niveau s’il accepte des conditions, mais pas non. C’est malin à défaut d’être très clair et il reviendra en réalité à chaque université de trouver ses modalités de fonctionnement. Le gouvernement, sur ce sujet, a une chance incroyable : le tirage au sort a ridiculisé le système ancien et les Français sont prêts à changer – en témoigne un sondage de l’Obs. Il a aussi une méthode : aller vite, une loi dès décembre et une application sous trois mois. En fait, depuis toujours, le système subit deux tentations. D’un côté, les étudiants exigent un droit au tâtonnement (légitime) et la remise des compteurs à zéro après des études secondaires parfois médiocres. De l’autre, il est difficile de laisser chaque jeune s'inscrire n’importe où, sans chance de succès et sans qu’un emploi se profile au bout. Les faits ont tranché et montré l’aberration actuelle. 61 % des étudiants en licence abandonnent ou sont réorientés tandis que les filières sélectives (grandes écoles) garantissent un succès estudiantin et professionnel. Les chiffres sont têtus.

Ce ne sont pas les seuls.

Le coût actuel de l’échec est lourd. Humain, psychologique, pour les étudiants. Il l'est aussi pour la collectivité. Des travaux de France Stratégie ont multiplié le nombre d’années redoublées par le coût annuel d’un étudiant en fac, 7.000 euros. Soit 500 millions perdus par an. Si on élargit le regard avec l’apport économique d’un diplômé du supérieur (qualité de l’emploi, cotisations sociales), les 20 % d’étudiants qui quittent l’université sans diplôme représentent, selon l’OCDE, une perte de plusieurs milliards d’euros par an. Voilà. Un dernier chiffre : l’on entendra sans doute moins parler des 100 euros annuels économisés avec la suppression de la mutuelle santé étudiante que de la baisse de 5 euros mensuels des APL il y a deux mois. Etrange. Vous pariez ? Je parie !

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