Quatre mois après sa tentative ratée de fusion avec Renault, le groupe Fiat-Chrysler veut se marier avec Peugeot PSA. Est-ce que cette fois-ci, ça peut marcher ?

Les logos combinés de PSA (Peugeot Citroën) et FCA (Fiat Chrysler Automobiles)
Les logos combinés de PSA (Peugeot Citroën) et FCA (Fiat Chrysler Automobiles) © AFP / Daniel ROLAND, Harold CUNNINGHAM

Vous savez, entre le clan italien des Agnelli et la dynastie Peugeot, on se comprend. On est un peu dans la vieille aristocratie européenne de l’automobile. Ces familles jouent leur fortune. 

La règle, c’est on ne se marie pas sur un coup de tête, on tient son rang, on regarde la dot.

Ca fait d’ailleurs des années que ces deux-là se tournent autour. La noce avec Renault n’était pas l’option favorite ; Fiat a surtout voulu saisir une opportunité : la chute de Carlos Ghosn, le coup de mou du constructeur français. Les Italiens étaient en bonne position pour négocier.

Maintenant, PSA est plus petit que Renault, mais comparable en taille à Fiat. A deux, ils fabriquent presque 9 millions de voitures. En cas de fusion, ils seraient d’un coup propulsés au quatrième rang mondial. Isolé, aucun des deux n’a la taille critique pour affronter un marché qui s’est retourné et qui va baisser cette année pour la première fois en dix ans.

En plus, Fiat et Peugeot semblent faits pour s’entendre. L’Italien a du succès aux Etats-Unis avec ses Jeep, ses Maserati, mais l’Europe ne lui réussit pas. Le Français fait des étincelles sur le vieux continent, il a les meilleures marges, mais il a battu en retraite en Amérique. Et il aimerait bien y retourner.

Est-ce qu’il reste quelque chose qui peut faire capoter le mariage ? 

Plein, c’est un défi. 

D’abord, les actionnaires. On va compter l’argent et les sièges au conseil. Ça peut mal tourner. 

Les Etats vont s’en mêler. Paris et Rome ne veulent aucune fermeture d’usine. Ce n’est pas un détail. L’un des paris de ce mariage, c’est de redresser Fiat en Europe. Or Carlos Tavarès, le patron de PSA, a certes réussi à ressusciter Opel, mais avec beaucoup moins d’emplois. 

Et puis le mariage, il faut le réussir. Je vois deux nuages noirs. Le premier, c’est la Chine. Ce marché dégringole, mais c’est quand même le plus gros du monde. Fiat et PSA y perdent des parts de marché. Il leur faut trouver la clé. Le deuxième, c’est la voiture du futur, et la technologie des batteries électriques . Là, Fiat est très en retard. PSA peut l’aider, mais il ne faudra pas se tromper.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.