Les riverains des aéroports ont sans doute moins l’occasion d’entendre les oiseaux chanter ces derniers temps, puisqu’on observe une vraie reprise du trafic aérien, et ce après des mois de marasme provoqués par la crise sanitaire.

Les avions sont de retour dans le ciel
Les avions sont de retour dans le ciel © Getty / Bruno Guerreiro

Une vraie reprise du trafic aérien

Un chiffre témoigne de ce phénomène : au début de la semaine, les billets mis en vente par les compagnie aérienne représentaient à peu près 70% de ce qui se faisait en 2019. Alors bien sûr, 70%, ce n’est pas un rétablissement complet, mais au moins la majeure partie de la flotte ne reste plus sur le tarmac. Il faut rappeler que jusqu’en mai, le trafic aérien n’atteignait en Europe que 30 à 40% de son niveau de 2019.

Cela ne veut pas dire que le secteur est tiré d’affaire, puisqu’une bonne partie des liaisons long-courrier à l’international restent à l’arrêt. La faute bien sûr aux restrictions sanitaires, qui font, par exemple, que les touristes français ne peuvent toujours pas retourner aux Etats-Unis. Mais cette embellie va au moins permettre de limiter les pertes, qui ont été énormes l’an dernier. Pour les compagnies américaines, elles ont même été supérieures à celles occasionnées par le 11 septembre ou par la crise de 2008.  

Cette embellie signifie que l’avion a encore un avenir après le Covid ? 

Oui, cela faisait partie des interrogations. Après tout, cette crise a plutôt déclenché des réflexes de repli. Repli sur la sphère du foyer pour les familles, repli sur les frontières pour les Etats. Mais cela n’a visiblement pas fait disparaître l’appétit de voyage. Et après l’allègement des contrôles aux frontières à la fin du printemps, les touristes ont repris le chemin des aéroports. La Grèce fait par exemple une excellente saison.  Et pour le moment, ce qu’on appelle le fligcham se traduit mal dans les chiffres. 

Alors comme vous parlez couramment le suédois, j’imagine que vous avez facilement traduit cette expression venue du Nord et qui désigne cette « honte de l’avion » qui a gagné une partie de la jeunesse européenne gagnée au combat écologique. Et bien la crise sanitaire n’a visiblement pas généralisé cette honte pour le moment. D’autant que les passagers n’ont pas toujours le choix, puisque l’on prend plus souvent l’avion pour raisons familiale ou personnelle que pour faire du tourisme. C’est ce qui explique que l’Algérie soit l’une des principales destinations au départ de la France, par exemple.  

Est-ce que le Covid a malgré tout transformé des pans du secteur aérien ? 

Pour le savoir, il faudra attendre un peu. On a en effet du mal encore à savoir si les voyages d’affaires reprendront comme avant, ou si les habitudes ont complètement changé après 18 mois de contacts par visio. De quoi ébranler le modèle économique de certaines compagnies, celles qui comptaient sur cette clientèle affaires pour garnir leurs bénéfices. Cela rajoute des incertitudes à un secteur qui va aussi devoir gérer sa transition écologique. Bruxelles a annoncé en juillet vouloir augmenter la taxation du kérozène, et il va falloir investir des milliards pour obtenir des avions plus propres. 

En clair, l’horizon est loin d’être dégagé pour les compagnies aériennes.

Les invités