Pouvoir d'achat, inégalités, chômage : trois indicateurs positifs ont été publiés cette semaine. Mais l'économie a besoin de Boucle d'or pour rester sur la bonne pente : elle ne doit aller ni trop vite, ni trop lentement, à la bonne température.

Emmanuel Macron en septembre 2021
Emmanuel Macron en septembre 2021 © Getty / Chesnot
  • En économie, comme en politique et comme dans la vie de chacun d’entre nous, il y a des semaines « avec » et des semaines « sans ». Quand le contrat naval australien a été annulé, c’était une semaine « sans » pour le président de la République, diplomatiquement, économiquement.

Mais cette semaine-ci, le Président de la République a engrangé des bonnes nouvelles économiques

Lundi, Bercy a pu montrer que le pouvoir d’achat de la très grande majorité des Français aura progressé entre 2017 et 2022. Il faudra que des organismes indépendants valident (ou pas) ce diagnostic, mais tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron ne peuvent pas en dire autant. 

Mardi, l’Insee a indiqué qu’en 2019 (juste avant le Covid), les inégalités (mesurées par l’indice de Gini) avaient reculé.

Et mercredi (hier donc), l’Insee a publié sa note trimestrielle de conjoncture : elle y estime que le taux de chômage est aujourd’hui égal à 7,6% de la population active. C’est le niveau le plus bas depuis 2008 si on écarte les yo-yo de 2020, peu significatifs. 

On peut même ce matin aller plus loin et prolonger la courbe : si la baisse continue l’année prochaine, la France pourrait retrouver à l’été 2022 un plancher qu’elle n’a pas connu depuis  … 1982. 

La courbe est inversée. Bien sûr, il y a beaucoup de « si », notamment sur la solidité de la croissance

C’est-à-dire ? 

La reprise est là, l’Insee le confirme, mais il y a un certain nombre de fragilités qui la menacent – ne serait-ce que parce nous sommes dans une période instable et de changements profonds. 

J’ai envie d’emprunter une image à un conte pour enfant, Boucle d’Or et les trois ours : il faut que la soupe ne soit ni trop froide, ni trop chaude. Il faut que l’économie ne soit ni en surchauffe et en sous-régime. En anglais (parce que ce concept existe), on dit une économie Godlilock. 

Or, aujourd’hui, il y a des tensions, des surchauffes (les pénuries), une inflation des prix de l’énergie, des difficultés de recrutement et des salaires insuffisants dans certains secteurs …

Quoi encore ? Une incertitude quand même sur la situation sanitaire, une décarbonation à mener en accéléré, qui est un levier de croissance mais aussi une pression considérable sur les secteurs d’activité, et puis il y a une politique monétaire qui est sur le fil du rasoir. 

Bref, pour que la soupe soit à bonne température, ni trop chaude, ni trop froide, et que les bonnes nouvelles continuent, il va falloir régler au millimètre le gaz de la politique économique et sociale (oui bon on fait ce qu'on peut !).