L'économie a créé plus de 400.000 emplois entre janvier et juin. On recense un million d'offres d'emplois sur le site de Pole Emploi. Le taux de chômage est de 8%. La réforme de l'assurance-chômage ne peut plus être un tabou.

Le rebond de l'emploi
Le rebond de l'emploi © Getty / Vithun Khamsong

Je vais donner des chiffres et cela peut paraître a priori rébarbatif, je ne vais donc pas en abuser, mais ce qui se passe est suffisamment remarquable pour qu’on s’y arrête un instant.

Hier, l’Insee a publié le nombre de créations d’emploi au deuxième trimestre et a révisé en hausse le volume de celles créées au premier trimestre : ce qu’il faut retenir est que la France a créé 440.000 emplois entre janvier et juin, et que le nombre d’emplois total, le 30 juin, avait non seulement retrouvé son niveau de la fin 2019, avant le choc du coronavirus et des confinements, mais l’avait dépassé. 

C’est simple : il n’y a jamais eu autant d’emplois en France

Pourquoi ? La démographie qui grimpe n’y est pas pour rien, mais cela montre surtout que le Covid a mis le pays en mode « pause » pendant un an et que l’économie est repartie à fond de train ces derniers mois, la vaccination étant son meilleur booster. 

Concrètement, les entreprises veulent embaucher et ont besoin de main d’œuvre.

J’ai promis de ne pas vous souler de chiffres et je vous donne juste un second – il n’y aura pas d’autres promis. Hier soir, on trouvait 1.046.000 offres d’emploi disponibles sur le site de Pole Emploi, c’était là aussi semble-t-il un record.

Environ 60% de ces offres seraient des CDI, des contrats à durée indéterminée. 

Les entreprises veulent rattraper le temps perdu, et ont besoin de main d’œuvre pour les trois transformations majeures et simultanées auxquelles elles font face : le digital, l’intelligence artificielle et la décarbonation. 

Mais voilà, l’obstacle majeur qu’elles rencontrent, ce sont justement les pénuries de main d’œuvre – elles manquent de bras

Et donc ? Le débat est déjà ouvert sur les hausses de salaire dans les secteurs en tension – on en a déjà parlé avec Thomas Piketty vendredi dernier. 

Mais dans un pays qui affiche un taux de chômage très élevé de 8%, la conjoncture actuelle repose en termes nouveaux la réforme de l’assurance-chômage. 

Il y a trois mois, le gouvernement avait tort de vouloir l’appliquer le 1er juillet, on n’y voyait pas clair sur l’économie. Aujourd’hui, c’est différent et il est légitime de modifier un système dont beaucoup d’études ont montré que, pour des raisons techniques, il décourage dans certains cas la reprise d’un travail, quand il favorise à l’inverse l’alternance de contrats courts et de périodes d’inactivités.