On parle beaucoup du "quoi qu’il en coûte", mais il n’y a pas que les dépenses qui s’accumulent, les recettes fiscales aussi !

Oui le gouvernement a du mal à parer les critiques sur la politique du carnet de chèque

Il a en revanche plutôt bien masqué / jusque-là / les bonnes rentrées fiscales. Pas de débat sur la cagnotte et pour cause, il y a quelques jours encore, on parlait de 5 à 10 milliards de surplus dans les couloirs de Bercy. Or divine surprise hier, les plus-values fiscales atteindront finalement 20 milliards d’euros cette année. Ca va de pair avec le rebond de l’activité – la TVA accélère – et avec les résultats « canon » des entreprises – l’impôt sur les sociétés repart très fort, alors que son taux diminue.

Et ça va durer ?

L’année prochaine, certainement. On devrait atteindre un pic de recettes, bien au-delà du niveau d’avant-crise. Le Haut conseil des finances publiques suspecte même Bercy de les sous-estimer sciemment. 

Mais bon, on avait l’habitude par le passé de prévisions de croissance un peu « gonflés ». On ne va pas reprocher au gouvernement de se montrer trop prudent, surtout avec les incertitudes liées au Covid-19.

Mais peut-on parler de « cagnotte » ?

Pas avec un déficit qui atteindra encore près de 5% l’année prochaine. Soit 125 milliards d’euros, c’est plus parlant. 

En clair : malgré ce retour à bonne fortune de l’économie, on va rester très loin de l’équilibre. Et la dette n’est pas près de refluer, ce qui laisse la France en position vulnérable. Ces déséquilibres sont les stigmates de la crise.

Et le résultat des dépenses non financées, on y revient. Tout cela a un petit nom barbare – le déficit structurel. Un indicateur qui reste regardé de très près à Bruxelles. Alors pour l’instant, pas de danger, les règles européennes restent suspendues. 

Mais ça ne durera pas. Ces règles vont être revues. Dans quel sens ? Cela dépendra beaucoup du gouvernement issu des urnes, ce dimanche, en Allemagne.   

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