Le rapport Blanchard-Tirole formule trois propositions a priori impopulaires. Au-delà, il pose la question de la place du progrès technique pour apporter les solutions aux défis de demain.

Un rapport propose trois pistes pour relever les grands défis économiques de demain
Un rapport propose trois pistes pour relever les grands défis économiques de demain © Getty / Andriy Onufriyenko

Deux économistes français parmi les plus renommés ont publié un rapport sur les grands défis économiques : le climat, les inégalités et le vieillissement.

Il s’agit -excusez du peu- d’Olivier Blanchard, ex-chef-économiste du FMI, et de Jean Tirole, Prix Nobel d’économie. Ils ont planché avec 24 experts sur ce qu’il faut faire, en France, sur trois sujets : le climat, les inégalités et le vieillissement. 

Léa et Nicolas, ils seront devant vous dans une ½ heure et vous les interrogez (si vous voulez !) sur leurs idées phares, trois propositions très impopulaires : 

  • durcir la taxation du carbone, 
  • taxer davantage les successions
  • et retarder l’âge de départ en retraite

Mais au-delà, et sur le climat (et en réalité sur tous les sujets), ils posent au fond une question passionnante et redoutable, sans d’ailleurs apporter vraiment la réponse : dans quelle mesure le progrès scientifique, la technologie, vont suffire (ou pas) à résoudre les problèmes ? 

Depuis deux siècles, le progrès technologique et médical a amélioré nos vies de façon inouïe

Mais il a aussi contribué au réchauffement climatique de façon inouïe – et insupportable (au sens propre du mot). A l’heure où nous parlons, le progrès est une solution pour décarboner l’économie. 

Et la taxation des énergies polluantes et les normes forcent l’innovation.

Mais les innovations arriveront-t-elles assez vite, et partout ? 

Tout le monde fait semblant de le croire que c’est possible, mais on n’en est pas sûr du tout. On ne sait pas si dans trente ans le stockage de l’électricité aura assez progressé pour compter sur les éoliennes et le photovoltaïque, sans le pétrole et le gaz. 

On ne sait pas si les voitures, qui seront en majorité électriques aux Etats-Unis, en Europe, en Chine, le seront ailleurs.

Avec le progrès, on va faire mieux, mais ne va-t-on pas devoir faire moins -moins circuler, moins se chauffer, avec moins de numérique et moins de niveau de vie ? 

Et donc ? 

Le rapport Blanchard-Tirole le serine : le seul moyen de savoir si plus de science va suffire est de dépenser beaucoup plus d’argent qu’aujourd’hui sur la recherche-développement. 

La bonne nouvelle est que ce qui s’est passé sur les vaccins (quand le monde a paniqué et trouvé) peut se décliner sur les questions climatiques. 

C’est une question de panique (et là Greta Thunberg a raison quand elle dit « I want you to panic »), mais d’abord une question d’argent et d’autre quoi qu’il en coûte, cette fois sur les politiques économiques au service de l’innovation (et là Thunberg a tort). 

L’espoir, c’est l’alliance entre les économistes et les ingénieurs, pour le mieux et pour éviter le moins.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter