La société française, spécialiste des bio-analyses, a fait un parcours économique et boursier impressionnant ces dernières années. Elle a délocalisé son siège social au Luxembourg en 2012.

Eurofins entre au Cac 40. Ici
Eurofins entre au Cac 40. Ici © AFP / ROBIN VAN LONKHUIJSEN / ANP

Le CAC 40, le plus connu des indices de la Bourse de Paris, va accueillir à partir du 17 septembre (on l'a appris vendredi) une nouvelle société. Une nouvelle valeur, comme on dit : il s’agit d’Eurofins, le leader mondial des bio-analyses. 

Eurofins analyse des aliments, des médicaments et de l’environnement. Son activité a été portée -naturellement- par les tests contre le Covid 19. 

On en parle ce matin parce qu’Eurofins va remplacer une société plus connue, Atos (un spécialiste du numérique), mais que cette entreprise est bizarrement peu connue du grand public alors qu’elle travaille dans 50 pays où on trouve 900 laboratoires d’analyse

Pourquoi n’est-elle pas connue ?

Parce que c’est une entreprise familiale qui a démarré dans l’analyse du vin (la teneur en sucre) puis a grandi très vite ces dernières années à coups de rachats partout. Son dirigeant, Gilles Martin (avec son frère Yves-Loïc), avait trois employés en 1987, il en a … 55.000 aujourd’hui – avec un gros centre à Nantes, point de départ historique et familial. 

Rendez-vous compte : il avait investi 1.400 euros au moment de l’entrée en bourse d'Eurofins, il y a 24 ans, et la valeur de son entreprise dépasse aujourd’hui celle de Michelin ! ; du coup, milliardaire, il est la 24ème fortune française -suivant le classement du magazine américain Forbes.

Son entrée au CAC 40 est aussi intéressante parce qu’Eurofins va rajeunir l’indice -où une bonne partie des poids lourds sont centenaires- et parce que, à côté de Sanofi, c’est la deuxième entreprise du secteur de la santé. 

Eurofins a une autre caractéristique. 

En 2012, la société a délocalisé son siège social au Luxembourg, d’où elle est dirigée, et elle a un gros établissement en Belgique. A l’époque, l’entreprise a formellement contesté que le changement de siège ait des raisons fiscales ou juridiques. 

Pure coïncidence (peut-être) ou pas, le calendrier est tout de même significatif : la décision a été prise à l’automne 2011, à peu près au moment où Nicolas Sarkozy a alourdi la taxation de l'épargne et où François Hollande a remporté la primaire socialiste ... 

On sait par ailleurs que les actionnaires de l'entreprise sont très actifs dans le domaine immobilier (un hedge fund leur avait reproché de percevoir davantage de loyers que de revenus de l'activité de l'entreprise).

Depuis le déménagement, les activités et les effectifs d’Eurofins en France n’ont pas diminué, au contraire, mais qu’est-ce que cela dit ?

Que chacun peut avoir l’avis qu’il veut (évidemment !) sur la fiscalité en France, et sur ce que serait l’idéal dans un monde meilleur. Mais il n’est pas possible de dire que les évolutions fiscales n'ont aucun effet dans le monde tel qu’il est.