Les deux parlementaires, l'un de la majorité, l'autre de la France Insoumise, vont à nouveau cette semaine porter des amendements pour améliorer les conditions de travail des aides à domicile - entre autres. Ils méritent d'être écoutés.

De la nécessité de mieux rémunérer les métiers du soin
De la nécessité de mieux rémunérer les métiers du soin © Getty / Shestock

A partir du milieu de la semaine, les députés examineront les comptes de l’assurance-maladie, des régimes de retraite et de la branche famille, à l'occasion du débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (le Budget de la Sécu) pour 2022. Ils discuteront de la gratuité de la contraception jusqu’à 25 ans, et de la lutte contre les impayés de pension alimentaire. 

Mais ils devront aussi se prononcer sur des propositions qui ne sont pas dans le texte gouvernemental : l’amélioration des conditions de travail d’une catégorie nombreuse et insuffisamment reconnue, celle des métiers dits du lien social : les assistantes maternelles, les animatrices périscolaires, les accompagnatrices d’enfants handicapés et les auxiliaires de vie sociale (je traduis : celles et ceux qui s’occupent des personnes âgées chez elles). 

Ensemble, le député Insoumis François Ruffin et le député En Marche Bruno Bonnell vont présenter des amendements en ce sens

L’année dernière, ils ont rédigé en duo un rapport sur le sujet, et François Ruffin a tiré de cette mission parlementaire un documentaire très intéressant et sensible « Debout les femmes ! » 

Ce sont des centaines de milliers de salariés (en très grande majorité des femmes) qui ont une vie de travail fractionnée, souvent le matin, le midi et le soir, avec beaucoup de déplacements et beaucoup de personnes à voir – et qui se retrouvent à la fin du mois avec un revenu de temps partiel alors que leur vie professionnelle est à temps complet. 

Soyons concrets : trop d’aides à domicile travaillent 40 heures par semaine, mais sont payées 28 heures parce que leurs trajets ne sont pas rémunérés – comme leur temps de préparation et de concertation. 

Bon, ce n’est pas toujours le cas, notamment dans les grandes structures, mais c’est souvent le cas dans un secteur associatif atomisé qui dépend des financements publics. 

François Ruffin et Bruno Bonnell vont défendre une dizaine d’amendements, notamment pour développer la rémunération « à la tournée » - forfaitisée.

Ils méritent d’être écoutés parce que la situation doit de toute évidence changer

Mais le système du « fractionnement » dépasse ces exemples. L’autre exemple archi-connu est celui des personnels de ménage – hommes et femmes, qui travaillent souvent très tôt et tard – ce qui est difficile à vivre.

Là, ce sont les donneurs d’ordres (les clients finaux), entreprises et collectivités publiques, qui sont en cause. L’idée progresse d’accepter que le ménage puisse être fait en journée, mais il apparaît nécessaire de savoir où on en est sur ce point, et d’abord dans l’Etat.