Le cocktail est rare : les prix des carburants à la pompe, du gaz et de l’électricité ont tous grimpé, ensemble, ces dernières semaines. En cette rentrée c’est un caillou sur le chemin de la reprise économique. Mais c'est temporaire.

Flambée des prix de l'énergie
Flambée des prix de l'énergie © Getty / Nico De Pasquale Photography

C'est un caillou sur le chemin de la reprise mais l’information tout aussi importante est que ce caillou ne devrait pas faire boiter durablement cette reprise parce que la plupart des spécialistes de ces marchés s’attendent à ce que les prix du gaz, qui détermine les autres en ce moment, baissent dans six mois. 

Aujourd’hui, on sait ce qui se passe : la demande de gaz et d’électricité reprend, les éoliennes n’ont pas eu assez de vent, et la politique européenne rehausse petit à petit le prix de la tonne de CO2 émise. 

Résultat : pour les industriels comme les particuliers, les factures sont salées.

Du côté des carburants par exemple, les prix sont proches de ceux qui avaient mis les Gilets Jaunes sur les carrefours en 2018. 

Cette fois-ci, le gouvernement a pris les devants en annonçant un chèque de 100 euros pour près de six millions de ménages.

Il fallait agir vite car de fait, les warnings politiques sont allumés : une majorité de Français pensent que leur pouvoir d’achat a reculé pendant le quinquennat Macron, nous dit un sondage ce matin, et évidemment, ce qui se passe sur l’énergie va colorer la fin de ce mandat. 

Une fois cela dit, il y a quand même une grande hypocrisie dans beaucoup de commentaires. Tous ceux qui se déclarent soucieux du réchauffement climatique devraient logiquement se réjouir et se féliciter de ces hausses qui ont un effet direct sur le portefeuille de la majorité des Français et qui poussent les classes moyennes et les plus aisés à changer leur chauffage et leur voiture ou à économiser l'énergie. 

Curieusement, ce n’est pas ce qu’on entend ! 

Tous les pays européens sont concernés 

Le monde entier est concerné par la hausse des prix des énergies. Mais en Europe, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie, qui dépendent beaucoup du gaz, sont les plus touchés. 

La France, grâce au nucléaire, l’Allemagne et les Pays-Bas parce qu’ils dépendent beaucoup du charbon, sont un peu moins (un peu moins) concernés.

Mais les impacts respectifs de leurs différents modes de production d’électricité sur les émissions de CO2 sont, eux, très différents. 

A la minute où je vous parle, la production d’un kwh d’électricité émet 50 grammes de CO2 en France, contre 450 grammes en Allemagne. Neuf fois moins.