On a découvert cela au salon Vivatech, le salon de la tech mondiale qui a fermé ses portes samedi soir à Paris, après avoir accueilli (sur place et à distance) tout ce que le monde compte de start-ups.

Les géants américains du web en guerre contre l'Europe
Les géants américains du web en guerre contre l'Europe © Getty / Pavlo Gonchar/SOPA Images/LightRocket

C’est d’abord Tim Cook, le patron d’Apple, qui a fustigé le projet de règlement sur le marché numérique (le DMA), qui va obliger la firme à la pomme à accepter sur ses I-phones un autre magasin d’applications que l’Apple Store, pour stimuler la concurrence. "Cela va détruire la sécurité de l’I-phone", a expliqué Cook, ce qui est une plaisanterie de garçon de bain et constitue un argument de lobbying tout de même très bas de gamme. 

Eric Schmitt, l’ex-dirigeant de Google, lui, s’en est pris, au projet de règlement européen sur l’Intelligence artificielle, qui va encadrer cette nouvelle technologie déjà très présente dans nos vies numériques. "Faites attention, les entreprises européennes spécialisées vont partir au Royaume-Uni et aux Etats-Unis", a menacé Schmitt. 

Présenté en avril, ce projet, qui veut réguler la reconnaissance faciale ou l’utilisation ciblée de nos comportements, a été pourtant salué par l’ensemble de la presse internationale. 

Pourquoi les Américains montent-ils au créneau ?

L’Europe est un marché tout à fait essentiel pour leurs géants : il y a davantage d’Européens que d’Américains, et la Chine leur est pour l’essentiel fermé. Mais naturellement, l’Europe est dans son droit.

Mais ? L’un et l’autre, Cook et Schmitt, ont dit aussi ceci : les technologies, il faut d’abord les inventer avant de les réguler. 

Et là, c’est clairement une pierre dans le jardin européen, qui n’a pas apporté au monde, à l’inverse des Etats-Unis, beaucoup de technologies numériques qui ont fait un tabac. 

Une des raisons est que l’Europe, ce sont 27 Etats, 27 cultures, beaucoup de langues différentes, et que les entreprises que l’on dit B2C, business to consumer, vers le client, ont plus de mal.

Il y a des exceptions, françaises (comme Doctolib, BlablaCar, Deezer) et européennes (Spotify, Adyen – le champion néerlandais du paiement), mais ce sont des exceptions. 

Mais la bonne nouvelle est que tous les spécialistes disent qu’il se passe quelque chose en ce moment, que des jeunes pousses grandissent, et que dans le B2B, le marché des entreprises, des sociétés françaises comme OVH (le cloud) se glissent entre les mailles américaines. 

Tant mieux. Mais c’est vrai que si la régulation c’est bien, l’innovation c’est mieux

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter