C’est Jean Castex qui l’annonce ce matin dans Les Echos : 1,4 milliard d’euros supplémentaires vont être mobilisés entre cette année et 2022, pour la formation des salariés des PME et pour les demandeurs d’emploi.

Une enveloppe pour la formation professionnelle
Une enveloppe pour la formation professionnelle © Getty / Luis Alvarez

Alors attention, il faut lire entre les lignes, il s’agit surtout de boucher les trous financiers du système de la formation professionnelle, qui est victime du grand succès de la réforme de 2018 : l’apprentissage attire de plus en plus de jeunes, et le CPF (le compte de formation que chacun peut utiliser à partir de son téléphone portable), le CPF marche mieux que prévu. 

Mais le moment est effectivement critique, et doublement critique. Un : des métiers sont en train de disparaître et d’autres apparaissent. Un exemple : il existe une vingtaine de fonderies en France, qui fabriquent les moteurs thermiques de nos voitures. Leur avenir est compromis, mais on estime avoir besoin, d’ici 2025, de 150.000 salariés qui savent usiner des moteurs électriques. Il faut les former. 

Horizon aussi incertain pour les caissières – par exemple. 

L’autre point critique est que dans un pays qui affiche un taux de chômage de 8%, les entreprises témoignent de difficultés de recrutement

Puis-je, Nicolas, raconter une anecdote personnelle ? Vendredi, j’étais à Montpellier avec 200 chefs d’entreprise et des commissaires aux comptes. Levez la main, leur ai-je demandé, tous ceux qui voudraient recruter et qui n’y arrivent pas, ou dont les clients n’y arrivent pas : 80% des mains se sont levées. 

Est-on déjà au plein emploi ? Non, bien sûr. 

  • C’est donc, soit une question d’attractivité des métiers (salaires et conditions de travail) ; 
  • soit dans certains cas une question d’arbitrage entre travailler ou ne pas travailler ; 
  • soit une question de formation. 

Entreprises, syndicats et Etat ont à répondre sur les trois sujets. 

Mais former, c’est complexe !  

C’est très complexe d’identifier les besoins en main d’œuvre (et ce sont les entreprises qui le font le mieux), mais aussi complexe de mettre en place les formations. Les permis de conduire sont aujourd’hui la première formation demandée par les salariés : ce n’était pas forcément l’objectif. 

Enfin, le système reste d’une complexité inouïe

Un seul exemple : un nouveau dispositif pour les reconversions a été lancé en grande pompe en janvier, le Transco. Mais comme il fait intervenir la terre entière, des Opco, des CEP, l’Etat national et local (je ne vous détaille pas les sigles), tout s’est perdu dans les sables et seulement ... 70 dossiers de salariés ont été déposés. Bref, y’a du boulot.