Aucune décision définitive n’a été prise, mais Emmanuel Macron phosphore plus que jamais sur un scénario : frapper un grand coup en repoussant rapidement l’âge de la retraite à 64 ans.

Les régionales passées, le président pense déjà à la réforme des retraites
Les régionales passées, le président pense déjà à la réforme des retraites © Getty / Jamie Grill

La première génération concernée, celle née en 1961, le serait (concernée) dès 2022-2023, avec un âge d’ouverture des droits à 62,5 ans - indique Les Echos.

L’âge légal remonterait ensuite régulièrement de six mois jusqu’aux personnes nées en 1964, qui partiraient à 64 ans en 2028-2029. 

Les économies réalisées permettraient d’améliorer les comptes du régime de retraite, de financer l’augmentation du minimum vieillesse à 1000 euros, et peut-être un dispositif pour le grand âge et la garantie jeunes. 

Ce scénario est sur la table depuis plusieurs semaines, mais il est remonté vers le haut de la pile à la veille du week-end – sans que l’on puisse dire à ce stade s’il est tout en haut de la pile. 

Politiquement, l’idée serait de dire qu’après son échec aux régionales et la suspension de la réforme de l’assurance-chômage, Emmanuel Macron garde son ADN de réformateur et, surtout, qu’il n’a pas peur d’affronter les électeurs à la présidentielle sur ce terrain-là. 

Concrètement, si ce scénario était retenu -on le saura dans quelques jours ou quelques semaines, si ce scénario était retenu, l’augmentation de l’âge légal serait inscrite dans le budget de la sécurité sociale, à l’automne.  

Cela fait beaucoup de "si"... 

Emmanuel Macron est tenté, son entourage direct le pousse plus que jamais, Bruno Le Maire l’encourage, mais Jean Castex est plus prudent, Richard Ferrand, le président de l’Assemblée, n’est pas chaud du tout, le patronat non plus, et les syndicats sont vent debout contre – même si les régimes spéciaux étaient maintenus, ce qui pourrait être le cas (et serait quand même étrange). 

Le problème est que cette réforme est impopulaire

Les Français ont peut-être envie de calme social, qu’on ne sait pas encore quelle sera la situation sanitaire après l’été et qu'offrir aux électeurs du salé en fin de quinquennat peut paraître culotté. 

A l’inverse, cette réforme, si elle était faite, s’installerait au cœur de la prochaine élection présidentielle, chaque candidat devant se positionner : on la garde, ou on l’annule. 

Bref, résumons : sur qui se refermerait le piège ? C’est toute la question.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter