A côté du bâton sanitaire (bienvenu), Emmanuel Macron a offert aux Français des carottes économiques et sociales. C'est la saison 4 du quoi qu'il en coute.

A côté du tour de vis, des douceurs lors de l'intervention d'Emmanuel Macron le 12 juillet 2021
A côté du tour de vis, des douceurs lors de l'intervention d'Emmanuel Macron le 12 juillet 2021 © AFP / Ludovic Marin
  • Emmanuel Macron, après s’être félicité à juste titre d’une croissance qui était ces dernières semaines sur une pente à 6%, a annoncé 4 initiatives.
  • Un, il y aura un nouveau plan d’investissement à l’automne sur les industries du futur, à un horizon de 2030 ; aucun chiffre n’a été donné mais ce sera forcément plus de 10 milliards d’euros.
  • Deux, il y aura le « revenu d’engagement » pour les jeunes, c’est-à-dire l’extension de ce qui s’appelle aujourd’hui la garantie jeunes, autour de 500 euros par mois, à quelques centaines de milliers de jeunes supplémentaires ; 
  • trois et quatre, Emmanuel Macron a évoqué, succinctement, une mesure pour les personnes âgées dépendantes et un nouveau grand plan de formation. 

De toute évidence, le président veut montrer que son quinquennat n’est pas fini et il y a des arguments en faveur de chacun de ces projets. 

On est cependant obligé de remarquer que ce sont, à chaque fois, des dépenses nouvelles et on peut légitimement je crois en tirer la conclusion que le quoi qu’il en coûte n’est pas terminé. A l'automne 2021, voilà ce qui a été annoncé hier soir : la saison 4 du quoi qu’il en coûte. 

Et en face de ces douceurs, comme vous dites ? 

C’est désormais avec la seule réforme de l’assurance-chômage que le président de la République veut faire la preuve de sa capacité à faire une réforme difficile au cours de sa dernière année. Contestée par tous les syndicats, elle s’appliquera le 1er octobre. 

Il y a quelques mois, disons-le, cette réforme paraissait saugrenue en plein Covid. Maintenant que l’on sait que l’emploi repart et que les difficultés de recrutement des entreprises sont à nouveau réelles, elle apparaît moins saugrenue et décalée. 

En revanche, la réforme des retraites, inévitable mais à contretemps en ce moment, est bel et bien reportée à l’après-présidentielle, même si ce n’est pas dit. Les conditions pour qu’elle ait lieu avant 2022 sont telles- fin de l’épidémie, économie stable et concertation sérieuse avec les syndicats- sont telles que ce scénario est impossible. 

C’est aussi crédible que si je vous annonçais que je pars avec Jeff Bezos dans l’espace le 20 juillet. Reste à savoir si au fond du fond le variant n’enlève pas une épine du pied présidentiel en l’empêchant, sur les retraites, de tomber dans le piège qu’il s’était lui-même tendu.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter