Le gouvernement présentera demain le 5ème et dernier projet de loi de finances du quinquennat. Ce rendez-vous annuel est normalement le moment où se discute la politique économique du pays. Mais ce sera une fois de plus discret.

Pourquoi si peu de publicité autour de la prochaine loi de Finances ?
Pourquoi si peu de publicité autour de la prochaine loi de Finances ? © Getty / Michel GILE

C’est le budget pour 2022, avec l’ensemble des dépenses et des recettes de l’Etat : et ce rendez-vous annuel est normalement le moment où se discute la politique économique du pays. Mais cette année, et encore plus que les précédentes, cet événement ne recevra pas une publicité considérable.

Demain, on parlera certainement bien davantage du conseil de défense qui allègera les contraintes sanitaires certains départements. 

Si Emmanuel Macron avait voulu que le Budget soit un moment important de la rentrée, il aurait évidemment déplacé le conseil de défense

Eh bien, ce n’est pas le cas parce que : 

1- les questions de finances publiques ont toujours "rasé" le président -perdon ennuyé ; 

et 2- parce que la copie 2022 est en réalité bien embarrassante. La croissance de l’an prochain est espérée à 4% (çà c’est positif), mais -comme souvent en année électorale-, le robinet à dépenses est grand ouvert, en dépit des efforts de Bruno Le Maire, à Bercy, pour le visser un peu. 

Chaque jour en ce moment, de nouvelles enveloppes sont annoncées 

Un plan pour Marseille, Beauvau de la sécurité, chèque énergie, mesures pour les travailleurs indépendants, et bientôt le revenu pour les jeunes et un plan d'investissement. C’est au point que les experts du Haut conseil des Finances publiques, dans leur traditionnel avis, affichent leur mécontentement. 

Pas autant qu’en 2016, quand ils avaient jugé « insincère » le dernier budget de François Hollande, c’est un chouya moins sévère, mais tout de même. 

Et sur les impôts, c’est le même embarras.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le gouvernement fait peu de publicité sur les allègements fiscaux de son budget et cela paraît étrange.

La raison en est qu’en 2022, ce sont les 20% les plus aisés des Français qui auront droit à la suppression du deuxième tiers de leur taxe d’habitation sur leur résidence principale. 

A priori, pas facile à vendre quand la dette publique flambe et dans un pays obsessionnel sur les inégalités, ou en tous cas qui en parle matin midi et soir. 

Eh bien, pourtant, il n’y a pas de honte à diminuer la pression fiscale de ces Français-là, coincés entre les moins aisés dont les impôts ont baissé et les très aisés qui ne paient plus l’ISF (pour certains). 

Ce sont eux, ces 20%, qui paient le gros de l’impôt sur le revenu sans rechigner et il n’y a pas de raison de les oublier.