Le géant américain du commerce en ligne achève ce soir deux journées de grande opération commerciale. Tout le monde lui tombe dessus. En réalité, tout le secteur du commerce accélère sur l'e-commerce.

Amazon un bouc-émissaire trop facile
Amazon un bouc-émissaire trop facile © Getty / Omar Marques/SOPA Images/LightRocket

L'Amazon Prime Day, ce sont ces soldes avant l’heure d’Amazon, deux jours de promotions et de ventes flash qui ont lieu jusqu’à ce soir sur Internet, soulèvent la colère de petits commerçants qui crient à la concurrence déloyale alors que leurs « vraies » soldes, en magasin, ne commenceront que lundi prochain. 

Le gouvernement, lui, est embarrassé, il dit que c’est une opération (je le cite) moralement contestable, mais aussi qu'il n'y peut rien, c’est une opération qui tient juridiquement la route. 

Critiques aussi des « grands » commerçants, jeudi, Alexandre Bompard, le patron de Carrefour, a protesté avec ce tweet-clash, comme on dit (et je le cite aussi) : "Amazon : tout de A à Z, en passant bien sûr par le C de cynisme et le P de prédation. Sans oublier le O d’optimisation". Fin de citation. Ambiance, ambiance. 

Alors, soyons clairs : il ne fait aucun doute qu’Amazon a un passif fiscal très lourd en France, en Europe et dans le monde

Mais la question à se poser est aussi celle-ci : Amazon n’est-il pas un bouc-émissaire trop facile ? 

En réalité, la plupart des commerçants affichent déjà des promotions considérables pour écouler leurs stocks et, surtout, tout le monde accélère sur le e-commerce, le commerce en ligne, parce que les clients votent avec leurs doigts sur un clavier de téléphone -ils ne s'abstiennent pas, ils se ruent. 

Avant le choc du Covid, il ne concernait qu’une petite partie de la population, jeune et urbaine pour aller vite. 

Aujourd’hui, le commerce en ligne c’est tout le monde, à toute heure, dans tous les pays et pour tous les produits – y compris alimentaires. 

La livraison en une demi-heure finira par concerner tous les secteurs, dit le patron de Castorama. 

La vente en ligne, toutes les grandes enseignes françaises adorent, ne serait-ce que parce que cela leur permet de créer une relation personnelle (et informée par les datas) avec leurs e-clients

Oui, Amazon a des torts, des torts à redresser, mais c’est un précurseur que tout le monde de la distribution veut suivre. 

L’avancée du commerce en ligne est donc inéluctable ? Oui, et la prochaine étape est déjà écrite : ce seront les cartes d’abonnement pour avoir les livraisons alimentaires autant que vous voulez et quand vous voulez -comme avec votre plate-forme de films. 

Naturellement, il faudra que cela soit rentable pour le commerçant : si vous vous faites livrer, Nicolas, Léa ou Thomas, une plaquette de beurre toutes les heures (au hasard !), cela sera une mauvaise affaire pour votre supermarché du coin. 

Mais un équilibre va forcément se trouver. Comme toujours.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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