Elles demandent déjà des garanties en cas de perte de chiffre d’affaire, c’est l'énième épisode du "quoi qu’il en coûte".

Le pass sanitaire inquiète les entreprises
Le pass sanitaire inquiète les entreprises © Getty / FRÉDÉRIC SCHEIBER / HANS LUCAS

La chute de fréquentation dans les cinémas a marqué les esprits, -70% mercredi dernier, pour la première journée du pass. Les parcs d’attraction parlent carrément d’une "saison massacrée". Et avec la loi sanitaire, le tour des cafés-restaurants et des transports viendra d’ici dix jours. 

Face au risque de perte d’activité, les sénateurs ont exigé des engagements du gouvernement : le feu vert du Parlement oui, mais à condition qu’il y ait des compensations. Alors en séance, l’exécutif a un peu noyé le poisson, en rappelant que les aides du fonds de solidarité restaient en vigueur jusqu’à fin août, de même que les baisses de charges et l’activité partielle. 

Mais pour les sénateurs Les Républicains, cela ne suffira pas, car le barème des aides était justement en train de diminuer.  

Et que répond le ministère de l’Economie ? 

La première réponse, et elle est justifiée, c’est que le pass sanitaire vise à garder l’économie ouverte malgré le variant. Après, Bercy se dit confiant sur sa bonne acceptation. Il peut y avoir du frottement au début, comme dans les cinémas, mais le pass rentrera dans les habitudes. Les pertes seront donc limitées. 

C’est ce que veut croire, aussi, Geoffroy Roux de Bezieux. Le président du Medef défend depuis toujours les outils permettant de vivre avec le virus. Et il veut sortir du quoi qu’il en coûte, dont il redoute l’effet boomerang. Mais au sein du patronat, on reconnaît que dans certains secteurs, toujours les mêmes, les revendications vont monter. 

Un casse-tête : comment mesurer la perte d’activité liée au pass ?

Pour les parcs d’attraction par exemple, il y a aussi la moindre présence des touristes étrangers. Et quand le bilan sera-t-il fait ? Bercy avait donné rendez-vous fin août aux entreprises. 

Cela reste plus que jamais valable. Initialement, c’était pour prendre acte de la fin des aides sectorielles. Mais le variant Delta et le pass sanitaire changent évidemment la donne. Un dirigeant patronal me confiait hier qu’il serait très difficile de ne pas prolonger le fonds de solidarité en septembre, et même jusqu’au terme de la loi sanitaire, mi-novembre. Cela n’arrange guère Emmanuel Macron, qui voudrait remettre les réformes à l’agenda avant la présidentielle. Et qui entend mettre en scène un nouveau plan d’investissements à la rentrée. Le quoi qu’il en coûte, encore et toujours.

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  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter