Chacun peut le constater : l’activité économique affiche un vrai dynamisme depuis quelques semaines, comme si le bouton « on » avait été relâché après plusieurs mois en mode « pause ».

Quand le ralentissement de la vaccination menace la reprise économique
Quand le ralentissement de la vaccination menace la reprise économique © Getty / Marko Geber

Chacun l’entend : le variant Delta, plus contagieux que les précédents, prend ses aises un peu partout – y compris ici en France. 

Enfin, chacun le comprend : la course entre le vaccin et le variant se déroule en ce moment, au début de l’été. 

Le problème est que la campagne de vaccination ralentit parce qu'il manque peut-être de doses mais surtout parce que les moins de 60 ans ne se précipitent pas. 

Le résultat est qu’il n’est plus du tout certain que l’objectif du gouvernement, 40 millions de personnes ayant reçu au moins une dose fin août, soit atteint. On en est à 33 millions, la moitié de la population française.

Alors, le gouvernement continue ses efforts pour « aller vers » les Français réticents : jeudi, selon nos informations, la CNIL (la Commission Informatique et Libertés) dira si elle accepte ce que lui demande l’assurance-maladie : que chaque médecin reçoive la liste de sa patientèle non vaccinée, pour la relancer.

C’est un croisement de deux fichiers (les assurés, les vaccinés) et il est logique que la CNIL se prononce. 

Mais au-delà, faut-il aller plus loin ?

Cela fait plusieurs semaines que les pouvoirs publics évoquent l’obligation vaccinale pour les soignants ; hier, ils n’ont pas exclu non plus que les tests PCR et antigéniques cessent d’être totalement gratuits pour les déplacements dits de convenance (voyages, événements culturels). C'est ce que demande l’Académie de médecine pour inciter les plus jeunes à se vacciner. 

Glissons-le aussi : les tests coûtent 250 millions d’euros par semaine.

Et donc ?

Et donc, la question est de savoir s’il faut attendre septembre pour mettre en place ces leviers plus directifs. Et on en envie de répondre non. 

Une épidémie de cas de Covid ne se transformera sans doute plus en épidémie d’hospitalisations, mais n'oublions pas que le vaccin n’est pas efficace à 100% contre les formes graves (il l’est entre 92 et 96%). 

Le plus logique ne serait-il pas de muscler maintenant les incitations à se faire vacciner, avant de regretter dans deux mois de ne pas l’avoir fait, avec les conséquences sanitaires et économiques que l’on connaît bien ? Eh bien, si.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter