Le robinet des dépenses publiques ne se referme pas totalement, loin de là. Ce n'est pas forcément un drame, à condition d'en avoir conscience.

La fin du "quoi qu'il en coûte", vraiment ?
La fin du "quoi qu'il en coûte", vraiment ? © Getty / Pakin Songmor

Vous voulez la vérité ? Pas tout à fait ... Alors pourquoi ? Il faut dire d’abord que le gouvernement, notamment Bruno Le Maire que vous receviez à ce micro hier, a bien géré ses dispositifs de soutien à l’économie, économie qui peut repartir sans trop de casse.

Et donc hier, le ministre de l'économie a confirmé la fermeture des robinets pour la majorité des entreprises, à l’exception des secteurs toujours dans le marasme comme le tourisme : fin du chômage partiel pour tous, fin du fonds de solidarité pour tous. 

La formule est soignée aux petits oignons : le quoi qu’il en coûte est mort, vive le sur-mesure. Sauf que dans la réalité, et c’est toute l’habileté politique de l’affaire, d’autres robinets que ceux de l’urgence Covid sont ouverts et vont le rester. 

Lesquels ? 

Dans le budget 2022, les dépenses de l’Etat augmenteront de 11 milliards d’euros, pour l’Education, la Justice et la Recherche. Sauf que les crédits du Ségur de la santé représenteront l’an prochain une douzaine de milliards d’euros, révèlent ce matin Les Echos – on parle des revalorisations des personnels et des investissements pour l’hôpital.

Sauf qu’au moins deux baisses d’impôt vont intervenir l’an prochain, avec la deuxième étape de la suppression de la taxe d’habitation pour les 20% de ménages les plus aisés et avec la diminution de l’impôt sur les bénéfices des sociétés et avec celle des impôts dits de production. Voilà encore des milliards. 

Et c’est un problème ?

A chaque fois, il y a des raisons d’ouvrir le robinet : qui ne voudrait pas augmenter le salaire des enseignants et des personnels hospitaliers ? 

Pourquoi faudrait-il maintenir une taxe d’habitation pour certains Français alors que le rôle redistributif est déjà assuré, sur le plan fiscal, par l’impôt sur le revenu ?

La difficulté est qu’aucune de ces dépenses n’est financée par une recette quelconque. Ce sont des emprunts et nous raisonnons comme si le prix du milliard d’euros était égal à zéro.

Il est possible qu’avec des taux d’intérêt à zéro ou négatifs, ce soit le moment ou jamais. Il est possible aussi de se dire que ce qui a été faisable pendant le Covid doit l’être contre le réchauffement climatique.

Mais enfin, cela reste de l’ordre du « possible » et de la corde raide et il convient au minimum de ne pas oublier que la formule exacte n’est pas quoi qu’il n coûte, mais quoi qu’il nous en coûte.

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