La Cour a publié hier un audit sur la situation des finances publiques post-Covid. Elle ne met pas une forte pression sur Emmanuel Macron pour redresser les comptes d'ici 2022. Mais elle juge la réforme des retraites inévitable.

Audit de la Cour des comptes
Audit de la Cour des comptes © AFP / Martin Noda / Hans Lucas

Ce rapport, s’empresseront de le  jeter à la poubelle sans le lire tous ceux qui fantasment sur la possibilité de rayer d’un trait de plume la dette Covid. On les envie : la vie est plus facile quand on croit aux miracles.

Pour les autres, ce pavé de la Cour des comptes mérite qu’on s’y arrête. 

Pourquoi ? Ce n’est pas un catalogue de recommandations brutales pour couper les dépenses publiques : la Cour demande au contraire que l’Etat investisse par exemple davantage dans la recherche publique. La Cour recommande de ne pas débrancher les aides à l’économie tant que l’économie ne s’est pas rétablie -donc pas tout de suite. 

La Cour n’envisage pas non plus de hausse des impôts, la France est déjà championne toutes catégories. 

D’ici 2030, les déficits publics resteront constamment au-dessus des 3% du PIB et le risque est que la France descende une nouvelle marche face à son voisin allemand. 

Du coup, la Cour re-liste les différences de niveau de dépenses publiques entre notre pays et la grande majorité des autres. 

Et fatalement, sans surprise, avec un air de déjà vu, mais parce que c'est vrai, on redécouvre que c’est ici que les dépenses publiques de retraites sont les plus élevées- un exemple parmi d'autres. 

La Cour des comptes en conclue-t-elle alors qu’il faut agir tout de suite ?

Que nenni. Elle renvoie à l’après-2022 les efforts de redressement, donc après la présidentielle, un nouveau conseil à Emmanuel Macron de ne pas agir sur les retraites à l’automne. On avait oublié de le dire : la Cour est aussi très politique.  

Les comptes publics, sujet clé de 2022 ?  De la présidentielle ? Il y a manifestement deux analyses différentes. 

A Bercy, Bruno Le Maire pense que oui, que les Français savent bien que le dentifrice devra rentrer dans le tube, d’une façon ou d’une autre. Qu'il faut donc en parler. 

A l’Elysée, Emmanuel Macron a envie d’envoyer un signal de sérieux, mais pour financer d’autres dépenses nouvelles : après tout, semble-t-il penser, le sujet n’intéresse pas grand monde et il y a encore du dentifrice à faire sortir du tube.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter