Les entreprises voient quelques nuages arriver. Leur situation sera dès lors moins bonne dans les mois à venir, alors que les salariés revendiquent des hausses de saalires.

Le pic de la reprise économique est peut-être derrière nous
Le pic de la reprise économique est peut-être derrière nous © Getty / Andriy Onufriyenko

C’est l’histoire de la randonnée en montagne : vous partez de la vallée, vous grimpez, à un moment vous passez le sommet, puis vous redescendez – tout en restant encore assez haut.

En 2020, l’économie était au fond du trou, au premier semestre 2021 elle a regrimpé rapidement, puis elle a atteint un pic, et maintenant elle l'a dépassé. 

Ce pic économique on peut le dater

Hier, l’institut Rexecode a publié son enquête mensuelle sur le moral des trésoriers d’entreprise, et pour la première fois depuis un bon bout de temps, il y a un retournement – à la baisse - léger, pas brutal, mais il est là quand même.

Sans surprise, c’est la hausse des coûts des énergies et des matières premières qui stresse les entreprises et qui pèse sur leurs comptes. 

Bien sûr, quand on parle des prix du gaz, du pétrole et de l’électricité, on pense d’abord aux consommateurs individuels – c’est normal. 

Mais pour les entreprises, grandes, moyennes ou petites, c’est aussi un sacré coup dur. C’est cela que les chefs d’entreprise ont en tête ces jours-ci. Il y a un tournant. 

Mais ce n’est pas cela que les salariés, eux, voient 

Les salariés voient les très bons résultats du premier semestre, avec un taux de marge historiquement élevé qui s’explique notamment par les aides publiques. Et ils ont bien l’intention de toucher leur part du gâteau – ce qui se comprend à 100%. 

Mais toute la question est de se rendre compte que nous rentrons dans une période de grand écart entre, d’un côté, des revendications salariales qui doivent compenser la hausse des prix, et de l’autre côté, des situations financières d’entreprise qui ne vont pas rester aussi bonnes. L’Insee, par exemple, anticipe un retour à la normale des taux de marge à la fin de l’année.

On peut aussi imaginer les conséquences du ralentissement chinois sur la croissance mondiale. C'est ce que l'on appelle en bon français un "squeeze". 

Bref, la stratégie logique des syndicats devrait être d’obtenir le plus vite possible des hausses de salaire avant que le vent tourne et leur soit moins favorable - en tous cas si on leur donnait un conseil, ce serait celui-là !  

Quelles conséquences s’ils l’obtiennent ? 

La question économique, en France comme ailleurs, est de savoir si va s’enclencher un simple ajustement hausse des prix-hausse des salaires, bienvenu dans les entreprises qui ont les moyens de le faire, ou si va s'enclencher une spirale hausse des prix- hausse des salaires- puis à nouveau hausse des prix, qui elle serait bien plus risquée.