On est habitué aux dérapages. 172%, c’est le dépassement moyen des budgets. Mais là, il y a vraiment des circonstances atténuantes avec le Covid : un report des Jeux d’un an, 11 000 athlètes placés dans une bulle sanitaire, des compétitions sans public… Ça fait beaucoup.

Les Jeux olympiques de Tokyo
Les Jeux olympiques de Tokyo © Getty / Valery Sharifulin\TASS

Au final, le budget officiel dépasse 15 milliards de dollars, mais selon une commission d’audit, il faudrait rajouter 10 milliards de plus. On est loin, très loin des 7 milliards de budget initial

Pour gagner, Tokyo avait promis des Jeux sages et économes. Sans chantier pharaonique dans une ville hyper-équipée. De quoi ravir le CIO soucieux de stopper la flambée des projets, comme lors des Jeux de Londres, en 2012, désormais dépassés par Tokyo. 

Du côté des Jeux d’hiver, Sotchi reste loin devant : la folie des grandeurs de Vladimir Poutine avait fait grimper la note à 22 milliards de dollars.  Ces JO vont être aussi parmi les plus déficitaires… Là encore, Tokyo se voulait exemplaire en promettant des retombées record. C’est raté. Il a d’abord fallu rembourser tous les billets, à 65 euros la place en moyenne. Exit ensuite les recettes touristiques, 600 000 spectateurs étrangers étaient attendus.

Fiasco enfin du côté des sponsors. Le Japon avait battu un record, avec 68 entreprises nippones apportant un total de 3 milliards. Mais la polémique est telle sur le maintien des Jeux que ces sponsors prennent eux-mêmes leur distance, par crainte pour leur image. Un comble. Toyota a renoncé à ses spots de pub télé au Japon, et les grands patrons se défilent les uns après les autres pour la cérémonie d’ouverture.  

Après Tokyo, on pense évidemment à Paris en 2024. La France pourra-t-elle équilibrer ses Jeux ? 

Y a-t-il encore un modèle économique pour de tels événements ?

Alors en réalité, les budgets sont orientés à la baisse. Celui de Paris est d’environ 4 milliards d’euros. Et pour l’instant, les dérapages sont limités, moins de 10%. Mais certains coûts seraient sous-estimés, comme les frais de sécurité. Et il reste des incertitudes côté recettes. Elles sont a priori garanties pour les droits TV et la billetterie (on peut quand même espérer être sortis du Covid) mais on est encore à 50% des objectifs de sponsoring. De toute façon, pour les organisateurs, le but n’est pas de gagner de l’argent, mais d’essayer d’en perdre le moins possible. 

D’ailleurs, les candidats ne se bousculent plus au portillon. Melbourne, qui vient d’obtenir les Jeux de 2032, était seule en lice. Avec un budget très inférieur à celui de Paris.