Hier, une syndicaliste de police a voulu coincer BFM Tv en confrontant la chaine à ses propres archives.

Linda Kebbab, policier et déléguée nationale FO.
Linda Kebbab, policier et déléguée nationale FO. © AFP / Estelle Ruiz / Hans Lucas

Jean-Jacques Bourdin interviewe Linda Kebbab, gardien de la paix et déléguée FO. À 8h45, celle-ci pointe la lecture mensongère que font les médias de l’article 24 de la loi "Sécurité globale" portant atteinte à la liberté de filmer la police. Elle a raison. Inutile de déformer un texte déjà suffisamment problématique. Il ne vise QUE la diffusion des images. 

Toutefois, trônant sur BFMTV, Linda Kebbab entend confronter la chaîne d’info à son erreur, pire à son panurgisme, pire à son partisanisme. Et là, pour preuve, elle dégaine un reportage signé du média qui la reçoit. Du jamais vu. Elle l’a enregistré sur son smartphone qu’elle colle au micro de Bourdin. Et, comme si elle conduisait l’entretien, elle lance le son. 

"Liberticide" : BFM Tv assènerait ainsi un jugement de manière univoque. Bourdin ne peut contredire. Il n’a pas ce reportage en mémoire. A 9h50, en revanche, le présentateur de la tranche suivante, Bruce Toussaint, a eu le temps de fouiller les archives de sa chaine. Et il se fait un plaisir de diffuser l’extrait… sans le couper !

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"Selon certains manifestants". Il suffisait d’aller jusqu’à la fin de la phrase pour entendre la chaine d’info plus nuancée que ce que prétendait l’invitée dont la tentative est foirée. Mais ce faisant, elle crée un moment sur lequel j’aimerais m’arrêter. 

Traditionnellement, l’invité est un objet dont la télévision dispose. Il s’insère volontairement dans un dispositif dont il subit tout : le rythme, le ton, les questions, les illustrations. Et même lorsqu’il a parlé, il n’est pas maître de ce qu’un éventuel montage va garder. D’ailleurs tout politique qui se respecte s’est, au moins une fois, retranché derrière le fameux : "Mes propos ont été sortis de leur contexte", qui signifie "j’ai prononcé des mots avant, des mots après, mais on les a effacés et cela déforme ma pensée". 

Que s’est-il passé hier matin sur BFM TV ? Une invitée s’est emparée de ce qui a été précédemment déclaré, se l’est approprié, l’a rediffusé quand bon lui a semblé et l’a tronqué pour étayer ce qu’elle voulait démontrer. Bref, elle a fait à la télé ce que la télé fait à des milliers de gens célèbres ou anonymes. Elle l’a fait avec maladresse et malhonnêteté, du coup, c’est sans intérêt. Dommage, parce que ça ressemblait à une intrigante séquence de télé inversée. Le moment carnavalesque du petit café. 

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