Retour sur le coup de tonnerre qui a lézardé le ciel des médias français : M6 est désormais à vendre.

Logo de la chaîne M6
Logo de la chaîne M6 © AFP / Serge Attal

Coup de tonnerre car qui dit M6, dit aussi les chaînes de télévision W9, 6ter, Gulli, Téva, Paris Première et Canal J, ainsi que les stations RTL, Fun Radio et RTL 2. Coup de tonnerre car d’autres médias français pourraient changer de main. Le groupe Lagardère, notamment, est aux abois. Un prêt bancaire garanti par l’État lui offre un peu de répit. Mais les médias qui en dépendent, Europe 1, le JDD et Paris Match, vont être cédés. Vous rendez-vous compte ? C’est historique. À un an des présidentielles, deux radios privées influentes et très écoutées, Europe et RTL, vont être gouvernées par de nouveaux actionnaires.

Évidemment, depuis vendredi, la machine à fantasmes tourne à plein. Comment ne pas cerner en coulisses l’appétit d’un Vincent Bolloré, premier actionnaire de Vivendi, déjà propriétaire de Canal+ ? L’homme d’affaires était entré au capital de Lagardère avec l’intention d’avaler Europe 1. Sauf qu’un autre milliardaire, Bernard Arnault, s’est invité au chevet de Lagardère pour contrecarrer les projets de Bolloré. On ne sait pas encore dans l’escarcelle duquel Europe 1 va tomber. 

Alors imaginez l’aubaine que constitue la mise en vente de M6 et de RTL ! Derrière ces deux marques populaires, il y a un très grand groupe allemand qui s’appelle Bertelsmann. Justement, Bertlesmann est déjà en train de vendre ses magazines français (Géo, Capital, Femme Actuelle, Télé-Loisirs…) à Bolloré. Pourquoi ne lui vendrait-il pas, au passage, ses radios et ses télés ? Bolloré pourrait exporter les recettes à succès de ses chaînes gratuites, Cyril Hanouna, Eric Zemmour et Pascal Praud, sur M6 pour le premier et sur RTL pour les deux autres. 

Toutefois, la « machine à fantasmes » a ses limites. Chacun essaie de deviner quel milliardaire roulera pour quel candidat à la présidentielle. Or, attention, les évidences sont parfois trompeuses ! En outre, méfions-nous des empires trop vite reconfigurés sur le papier. Il y a, en France, une autorité de la concurrence qui restreint les monopoles. Enfin, contrairement aux apparences, la maison mère Bertlesmann ne se débarrasse pas de M6 et RTL pour cause de récession. Pas du tout. Elle lâcherait sa participation moyennant un prix très élevé, 3 milliards d’euros, dans l’espoir de faire alliance avec un autre géant européen. D’où les appels du pied lancés aux propriétaires de Canal+, mais aussi TF1, de BFM TV ou du Monde. L’idée étant que face aux colosses américains du numérique, les groupes de médias européens sont des nains. Pas sûre, donc, que nos présidentielles de 2022 soient le premier motif de cette gigantesque opération.  

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