Ce matin, coup de projecteur sur "Sesame Street", cultissime show de marionnettes américain, qui fête ses cinquante ans.

Sesame Street
Sesame Street © AFP / Slaven Vlasic / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Les téléspectateurs le connaissent en France sous le nom de « 1, rue Sésame », né à l’ORTF en même temps que Casimir. Aux Etats-Unis, Sesame Street existe depuis 1969 sur PBS, la télévision publique. Car ces cultissimes marionnettes ont une mission citoyenne ludo-éducative. Chaque nouveau personnage aussi coloré, poilu et comique soit-il, délivre un message par sa trajectoire et ses comportements. 

Comme la petite Lily, dont on savait déjà les parents étaient trop pauvres pour assurer sa nourriture chaque jour. Cet hiver, Lily est devenue la première marionnette sans-abri. « The first homeless muppet », CNN, le Washington Post et même le New York Times y ont consacré un sujet, soulignant combien on a trop longtemps occulté, aux Etats-Unis, combien perdre son toit n’était pas seulement un enjeu pour les adultes mais concernait aussi nombre d’enfants. Pour Sesame Street, faire évoluer ainsi Lily c’est rappeler que le rôle de la télé n’est pas toujours de proposer des modèles auxquels s’identifie le public, mais aussi d’éveiller conscience et empathie chez les petits. Soulignons au passage que l’extrême pauvreté est totalement invisible, absente de la fiction télé. 

Les producteurs de Sesame Street ont toujours fait de leur émission un lieu d’inclusion à échelle de marmot. Ça a donné par exemple la première marionnette d’enfant atteinte du Sida dans la version sud-africaine du programme. Mais ce cahier des charges peut virer au devoir d’exemplarité avec ses frilosités. 

Parmi les personnages cultes de Sesame Street, on compte les inséparables poteaux Ernie et Bert. Cinquante ans après la création du show, le scénariste Mark Saltzman a révélé l’homosexualité des deux peluches, inspiré de sa propre histoire d’amour avec un autre membre de l’équipe originelle. Stupeur et démenti de la chaîne PBS et de l’actuelle production : 

Bert et Ernie ont été créés pour enseigner à des enfants d’âge pré-scolaire ce qu’est l’amitié. Nos marionnettes possèdent de nombreux traits humains mais n’ont pas d’orientation sexuelle.   

Bon, reste mon personnage préféré de Sesame Street, Monster Cookie : tout bleu, tout chevelu, tout globuleux, qui ne veut qu’une chose, c’est manger des gâteaux. Espérons que PBS ne le mettent pas au régime pour lutter pour l’obésité infantile.  

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