Canal+ et Bein Sports font alliance pour rafler la Ligue des Champions. Ils vont débourser 375 millions d’euros par an de 2021 à 2024.

« La roue tourne » fanfaronnait vendredi Maxime Saada, le patron de Canal+. La chaîne cryptée réalise en effet un beau triplé. 

Primo : Canal+ s’est fait piller le meilleur du foot. En ce moment, c’est RMC Sports qui diffuse la Ligue des Champions, le nec plus ultra des clubs européens. Et dès l’année prochaine, notre championnat de France va filer chez Médiapro, un groupe espagnol. Concrètement, ça veut dire plus de foot dans 6 mois sur les chaines de Canal+. Plus de PSG-Real, plus de PSG-Marseille, non plus. Bonjour l’hémorragie des abonnés ! L’annonce d’un retour de la Ligue des Champions en 2021 tombe à pic, donc, pour ne pas les laisser s’en aller.  

Secundo : Ce qui renforce Canal+ affaiblit ses concurrents. La Ligue des Champions coûte 350 millions d’euros par an à RMC Sports, six chaines créées exprès pour diffuser cette compétition européenne. Certes, ces chaines toutes neuves ont acquis d’autres droits, comme le football anglais, mais elles sont lourdement déficitaires et sans la Ligue des champions, que vont-elles devenir ? Médiapro, pareil. 800 millions d’euros pour attraper la Ligue 1. Là aussi, va falloir construire une chaîne de télé payante sur mesure. Mais sans la Ligue des Champions, Médiapro n’arrivera jamais à attirer assez d’abonnés. D’ailleurs, ce groupe espagnol est en colère. Il accuse l’organisateur de la Ligue des Champions d’opacité. Il porte plainte. 

Tertio : Si les concurrents de Canal+ sont affaiblis, ils vont plus que jamais avoir besoin de Canal+ pour être distribués. Genre : si vous êtes abonnés Canal+, pour quelques euros de plus, vous avez accès à RMC Sports. Là, il y a déjà un accord. Avec la future chaîne de Médiapro, pas encore. Le dialogue est à couteaux tirés. Mais l’attribution de la Ligue des Champions rend Canal+ incontournable sur le marché. Bien joué. Voilà le tiercé. 

Un dernier mot sur Bein Sport, le binôme de Canal+ dans cette bataille. Comme l’eau a coulé sous les ponts ! Bein était triomphante, riche des milliards du Qatar, à son arrivée en 2012. Pour ne pas qu’elle assassine Canal+, il a fallu que François Hollande s’en mêle. C’était raconté dans « Un président ne devrait pas dire ça ». Ensuite, quand ces deux télés privées se sont mises d’accord, il a fallu que l’autorité de la concurrence s’en mêle. Aujourd’hui, Bein apparaît comme l’alliée de Canal+ et c’est naturel. Comme dirait, Maxime Saada, « la roue tourne ». 

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