Depuis trois jours, la messagerie Telegram agite les pouvoirs autoritaires.

Telegram, une messagerie cryptée très appréciée ou crainte pour les mêmes raisons
Telegram, une messagerie cryptée très appréciée ou crainte pour les mêmes raisons © Maxppp / Newscom / EPA / Mauritz ANTIN

La justice iranienne vient d’ordonner le blocage total du réseau social le plus populaire du pays. 40 millions d’utilisateurs – soit un Iranien sur deux - pour Telegram, permettant d’échanger gratuitement des textes et des images sans limite de taille. Permettant, surtout, d’envoyer des messages chiffrés qui ne sont jamais stockés sur les serveurs de la messagerie. 

Comme dans de nombreux pays, c’est l’utilisation faite par les terroristes islamistes de cette messagerie cryptée qui est pointée. Et son refus de coopérer, c’est-à-dire de livrer des données personnelles, aux autorités.

L’Iran a commencé, voici 15 jours, par interdire à ses propres organes d’Etat de se servir de Telegram. Car oui, il n’y a pas que les contestataires politiques en tous genres ou les cohortes de Daech qui communiquent sur Telegram, il y a plein de grands partis, des institutions, des ministères et ce, tout autour du globe, comme le racontait à votre micro, Nicolas, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au numérique. Chez nous, les proches du Président de la République aussi parlent sur Telegram.   

Telegram est donc devenu un sujet mondial 

Ce réseau est né en Russie, il y a 5 ans. Il a été conçu par deux frères, Nikolaï et Pavel Dourov, déjà à la tête de VKontakte, le Facebook russe. En gros, les Dourov ont créé Telegram pour pouvoir communiquer à l’abri du FSB, le service secret russe chargé des affaires intérieures. 

En interdisant Telegram, l’Iran, ne fait qu’imiter son allié russe qui a durci le ton dès la réélection de Vladimir Poutine. D’ailleurs, lundi, 8 000 personnes ont manifesté dans les rues de Moscou pour réclamer le droit d’utiliser Telegram. L’opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny,  haranguait la foule et, sur scène, remerciait le fondateur de la messagerie : « Résister c’est ça, c’est faire quelque chose et ne pas se taire ».

Le fondateur de Telegram également salué et soutenu par un grand lanceur d’alerte, Edward Snowden, qui se bat pour les libertés numériques et qui se planque où ? En Russie !  

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