Mondadori a vendu cet été ses magazines au groupe Reworld Media. Depuis, les journaux se vident de presque tous leurs journalistes.

Peur sur les magazines Mondadori
Peur sur les magazines Mondadori © AFP / MIGUEL MEDINA

Une trentaine de titres, les uns anciens, les autres ultra-populaires : Biba, Closer, Télépoche, Autoplus, Le Chasseur français, Diapason, Grazia, Science et vie ... qu’avalent deux entrepreneurs à la réputation épouvantable. Pour en avoir le cœur net, j’ai parlé à des confrères qui ont déjà affaire à eux : des rédactions vidées de leurs journalistes, des pages commandées à des agences extérieures qui vendent du contenu au poids, des plumes virés parfois repris comme auto-entrepreneurs à qui on demande de signer d’un pseudo pour maquiller la manip’, des pigistes et photographes qui luttent pour se faire payer, des hors-séries qui surgissent à la caisse des supermarché composés d’articles vieux d’il y a des années et publiés sans autorisation de leurs auteurs. Bref, des gens qui vendent des journaux en se fichant de ce qu’il y a dedans, du moment que ça fait du clic sur Internet et que ça vend de la pub sur le papier.

Je vous parle du désormais premier groupe de presse français. La vente a été actée fin juillet. Les acquéreurs ont donné une prime aux journalistes qui voulaient partir et deux mois pour se décider. La Bérézina : en plein mois d’août, les ressources humaines et les managers en vacances. Très peu de temps pour réfléchir et surtout très peu de réponses. Beaucoup racontent des actionnaires fuyants, entretenant un flou délibéré afin de laisser planer la peur chez les salariés. 60% des journalistes quittent ainsi le navire. Il n’en reste aucun chez Nous deux, un seul chez Pleine vie. Chez Closer, il reste deux personnes à la rédaction, deux à la maquette, tout le service photo est parti. Chez Grazia, on compte deux iconographes, deux secrétaires de rédaction, une assistante mode. La moitié des journalistes de Téléstar et Télépoche se font la malle, la quasi-totalité du service maquette. Partout, les chefs s’en vont.

Sauf à Science & Vie, rare titre à avoir obtenu des engagements écrits et des moyens. Cette publication ne vit pas de la publicité. Cela sauve son modèle. En revanche, à la tête de Grazia, on nomme Véronique Philipponnat, une ancienne de Elle, devenue consultante pour marques de luxe. Il faut amadouer les annonceurs. Hier, j’ai eu au téléphone des gens de tous âges, de tous métiers. J’ai eu des gens sonnés, des sanglots : « Mais à l’avenir, ce sera quoi un journal ? ».          

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