Facebook a modifié son slogan sur sa page d’accueil. Les utilisateurs s’interrogent.

Facebook a modifié son slogan sur sa page d’accueil
Facebook a modifié son slogan sur sa page d’accueil © AFP / Denis Charlet

Lorsque vous créez un compte sur le réseau, au moment de vous identifier, une mention vous accompagnait : "It’s free and it always will be". "C’est gratuit et ça le restera toujours". La phrase a disparu cet été, remplacée par "It’s quick and easy", "c’est simple et rapide". Tiens, tiens… 

Et si le spectre d’un Facebook payant ou d’une option payante, sans publicité – parfois évoquée par le fondateur Mark Zuckerberg - se profilait à nouveau ? Il n’en est rien, assure l’entreprise aux journalistes spécialisés qui ont voulu vérifier. Don’t act. 

Mais voilà, le mot est lâché : « gratuité ». Or, depuis les différents scandales portant sur la protection, l’absorbation et l’utilisation de nos données personnelles par Facebook, le mythe de la « gratuité » s’est vu méchamment écorné. De fait, Facebook n’est pas une entreprise désintéressée et il ne nous en coûte pas « rien » d’utiliser Facebook. Pourquoi ? Parce que les algorithmes, les intelligences artificielles, ne marchent pas tous seuls. 

Pour s’adapter à l’homme et peut-être un jour le dépasser, les machines doivent  apprendre des hommes eux-mêmes leurs comportements et leurs besoins. Les géants des nouvelles technologies recrutent ainsi des armées de Philippins, de Pakistanais ou de Roumains qui cliquent à longueur de journées pour les Amazon et les Facebook afin que ceux-ci fonctionnent vite et bien. Là où vous avez l’illusion que tout est numérique, il y a en réalité des « prolétaires du click » qui travaillent pour des salaires de misère mais qui ont bien conscience d’effectuer un travail. 

En revanche, vous et moi, qui nous baladons sur Facebook pour la marrade (nous sommes 2,3 milliards d’utilisateurs actifs dans le monde), lorsque nous likons, nous partageons, nous remettons à jour, nous répondons à une question, eh bien, nous bossons gratuitement pour Facebook. Car chaque geste que nous effectuons sur la plate-forme lui en apprend long sur nous. Soit Facebook vend ces informations, soit elle les ingurgite pour perfectionner son système. Dans les deux cas, elle s’enrichit. Merci qui ?

Lisez En attendant les robots, du sociologue Antonio Casili. La démonstration est implacable et très rigoureuse. Vous comprendrez que la gratuité a changé de côté. Et que Facebook ne peut plus, aussi facilement qu’avant, s’en revendiquer.  

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