La Chine entame une vaste réforme de son audiovisuel public… L’objectif est de créer un mastodonte de l’information à la chinoise. Et ça commence par la fusion de – tenez-vous bien – la télévision nationale, la radio nationale chinoise et de Radio Chine Internationale.

La CCPV Tower à Pékin
La CCPV Tower à Pékin © AFP / Wang Zhao

C'est un peu comme si notre Président à nous voulait réunir France Télévisions, Radio France et France Média Monde. La comparaison s’arrête là. La dépêche ne dit pas si, à Pékin aussi, les journalistes du service public se sont faits traités de « honte de la République Populaire ».

La dépêche précise, en revanche, que cette vaste opération vise à renforcer le contrôle politique sur les contenus médiatiques. La nouvelle entité web, radio, télé sera directement placée sous la férule du « département de la propagande ».  

Sachez par ailleurs que les médias d’Etat héritent là-bas d’un deuxième nom « Voice of China » qui dit tout de leur nouvelle mission. Puisque la référence est le service de radiodiffusion créé par les Etats-Unis en pleine guerre mondiale. Après la « voix de l’Amérique », voici donc la « voix de la Chine ». 

La télé, CCTV, dispose déjà de 70 bureaux dans le monde et propose de l’info dans 60 langues. Mais c’est encore beaucoup d’écrit sur Internet. Le job des 14 000 salariés de  « Voice of China » sera donc d’irriguer de sons et de vidéos la planète entière. Et ça en dit long. Long sur cette nouvelle guerre de l’information. Bataille qui se mène sans char, ni canon et qui consiste à renforcer l’influence d’un pays en martelant son discours partout dans le monde. Et ça ne se passe pas seulement sur Facebook. Toutefois, nous, Français, semblons sous-estimer gravement l’enjeu. 

La BBC, que nos politiques brandissent en exemple, dispose d’un budget deux fois supérieur au nôtre pour émettre vers l’étranger et se déploie actuellement dans 11 nouvelles langues. Pendant ce temps, le gouvernement demande des économies à la chaîne France 24 et à la radio Radio France.. A l’heure où il est plus crucial, plus stratégique que jamais de se faire entendre. Allez comprendre.

La France a assisté, impuissante, à l’arrivée des médias russes, RT et Spoutnik, chez elle. Une loi réfléchit à comment s’en protéger. Il faut aussi se donner les moyens de riposter

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