La plateforme de streaming américaine a supprimé l'un de ses programmes à la demande de l'Arabie Saoudite. C'est une première. A la trappe, donc, l’épisode 2 du talk-show "Patriot Act" animé par Hasan Minhaj.

Hasan Minhaj
Hasan Minhaj © Maxppp / Astrid Riecken

A la trappe l’épisode 2 d’un talk-show intitulé, Patriot Act (du nom de la loi de sécurité votée après l’attentat des Twin Towers), produit et diffusé en exclusivité par Netflix. Chaque semaine, son présentateur, Hasan Minhaj, aborde une grande thématique. Là, le royaume wahhabite. 

Hasan Minhaj est un humoriste américain, repéré dans une célèbre émission de télé, The Daily Show. Il est jeune, beau, super aiguisé et ultra engagé, ce qui tranche très nettement avec le ton des « late show » américains, ces programmes de fin de soirée, mais aussi avec le ton Netflix, bien pensant, rarement méchant. Or, Hasan Minhaj ne mâche ni ses mots, ni ses idées. Il sait cogner. 

Son premier punching ball étant la communauté de ses parents, Indiens. « Beaucoup de brown people ici, on se croirait au mariage de mon cousin » plaisante-t-il. Les « brown » étant, aux Etats-Unis, les peaux foncées ni afro, ni latino, plutôt les origines indiennes, pakistanaises et moyennes-orientales. 

Deuxième terrain de jeu, pour Hasan Minhaj : sa religion. « Il serait temps de réévaluer nos relations avec l’Arabie Saoudite. Je dis ça en tant qu’Américain ET musulman ». Vlan, que j’te raconte les US d’après le 11 septembre dans la peau d’un enfant musulman, le rejet et les préjugés. Mais Minhaj pilonne aussi tous les promoteurs de l’idéologie djihadiste en premier lieu desquels il place les Saoudiens. 

Hasan Minhaj sait qu’il parle à un public d’Américains ignares des questions internationales. Son show s’avère avant tout pédagogique. C’est simple, c’est cash et quand, parfois, la vanne tombe, c’est impeccable. Sur le surnom du prince MBS, par exemple : « le père de la douille, le plus gros nom de gangster du monde !! ». Hurlement du Palais royal. 

Netflix l’a retiré de sa page d’accueil saoudienne. Donc, ce n’est pas le Royaume qui bloque l’accès à un site, c’est une grande entreprise de média américaine qui se fait le bras armé de la censure locale. D’autant plus alarmant que Netflix prend deux chemins : produire plus de shows d’actualité et produire plus de programmes dans chaque pays. Ca va faire beaucoup de susceptibilités à ménager. C’est d’ordinaire la force et la mission des médias étrangers et transnationaux : offrir un autre regard aux spectateurs locaux. 

Aller plus loin

🎧 La semaine dernière, c'est le remplaçant de Sonia Devillers, Redwane Telha, qui évoquait Patriot Act sur Netflix

► LE SHOW : regardez le programme Patriot Act sur Netflix

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.