Le président de la République arrive aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie en vue du prochain référendum sur l’indépendance

Reportage d'Antenne 2 en Nouvelle Calédonie le 5 novembre 1998
Reportage d'Antenne 2 en Nouvelle Calédonie le 5 novembre 1998 © capture d'écran

La Nouvelle-Calédonie n’est pas qu’une histoire politique. C’est aussi une affaire de représentation médiatique. Cette terre vit loin de nos caméras et de nos écrans. Lorsque la Nouvelle-Calédonie est filmée, c’est généralement pour montrer ça :  les chants traditionnels Kanaks, les cases, le rituel des cadeaux, la permanence du système tribal. Je vais être un peu expéditive, mais à la télévision française, la Nouvelle Calédonie, c’est « Koh Lanta ». Un lointain exotique, une altérité excitante, inquiétante, radicale. Un ailleurs. On votera à la rentrée pour savoir si la Nouvelle-Calédonie demeure française. A la télévision, elle a toujours été un pays étranger.

Je ne vous fais pas la longue liste des couacs qui émaillent le regard métropolitain sur les territoires ultra-marins. M6 qui, en pleine tempête Irma, accompagnait ses JT d’une carte sur laquelle Pointe-à-Pitre trônait à la place de Marie Galante. L’Elysée qui, avant le déplacement d’Emmanuel Macron en Guyane, avait envoyé aux journalistes une note précisant les mesures d’hygiène à respecter sur place, comme « éviter de boire l’eau du robinet ». Ça la fichait mal pour un département français. 

Notre audiovisuel public, aussi, a échoué à construire un récit médiatique cohérent. 

Pour la première fois, c’est un Kanak qui a pris la tête de France Ô. Mais il a fallu pour cela que François Hollande remette France Ô sur les rails de l’Outre-mer. La chaîne avait été, par la volonté du pouvoir politique, transformée en chaîne de la diversité. Ça en disait long. Quitte à montrer toutes les facettes de la population française, pourquoi ne pas en confier la mission à France 3, chaîne de nos régions ? 

Bref, je vous propose un petit test. Comment savoir si les Ultra-marins sont traités médiatiquement comme tous les Français ? Pas difficile. Vous faites défiler les sujets marronniers du JT de 20h : les fournitures scolaire, les compteurs électriques, le baccalauréat. Le jour où vous verrez une famille de Nouméa témoigner de son quotidien, vous saurez que c’est gagné. Car, à Nouméa, Monsieur, ils sont comme à Limoges. Ils n’ont pas que des trucs à dire sur leur passé et sur leur région. Ils vivent tout simplement.    

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