La RATP et la SNCF ont décidé de ne pas afficher la prochaine campagne de Greenpeace.

La publicité Greenpeace qui a fait parler d'elle
La publicité Greenpeace qui a fait parler d'elle © Greenpeace France

Et ça fait un ramdam du diable. C’est d’ailleurs une vieille recette associative : quand vous n’avez pas l’argent d’acheter beaucoup d’espace publicitaire, faites-vous censurer quelque part (ou du moins, présentez-le comme tel), toute la presse parlera de vous et cela vous rendra beaucoup plus visible. C’est le cas du visuel Greenpeace, tant mieux pour eux. 

Je vous le décris : le haut de l’affiche est barré par la mention « Face à l’urgence climatique, les discours ne suffisent plus », en dessous, l’image d’une banquise qui se délite. Les blocs de glace qui s’arrachent et tombent à l’eau sont sculptés en forme de « bla, bla, bla, bla… ». Au pied du panneau, l’injonction - qui a été fatale - à cette affiche « Le gouvernement doit agir ». 

Et ça, voyez-vous, ne peut être placardé dans nos transports publics en vertu d’un règlement qui oblige la publicité à y respecter une stricte neutralité politique et religieuse. Or, entre le « bla bla » et l’injonction à l’action, Greenpeace interpelle l’exécutif et flingue son bilan en matière d’environnement, a considéré Médiatransports, la filiale de Publicis qui gère l’affichage dans les gares, sur les quais, dans et sur les bus et les trains de la RATP et de la SNCF. 

Beaucoup plus explicite, le petit clip vidéo à destination des cinémas, qu’une régie, là aussi, hésite à diffuser. A l’écran, tornades et incendies géants. Nicolas Sarkozy, François Hollande puis Emmanuel Macron. Les « bla bla », sont, dans cette version, datés et signés. Les accusations sont nettement plus ciblées.

Nettement plus que l’affiche, muette, qui ne mentionne aucun nom, mais invite à l’action. Seulement voilà, la période rend l’obligation de neutralité plus explosive que jamais : si on laisse dire, ça pète ; si on ne laisse pas dire, ça pète. Exercice de funambule s’avère d’autant plus délicat que la RATP a remis en jeu la gestion de ses panneaux parisiens. C’est un énorme marché. L’appel d’offres est en cours. Tous les géants de l’affichage y participent. Résultat, Médiatransports, l’actuelle régie, est tétanisée à l’idée de commettre un faux pas et de perdre son contrat. En plus, la SNCF va elle aussi bientôt renouveler son prestataire publicitaire. Bref, « affiche, affiche pas ? » – souvenez-vous des 4x3 anti-PMA d’abord acceptés puis retirés de la Gare du Nord – question désormais sous haute tension. 

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