Une aide-soignante, Hella Kherief, perd son travail après avoir témoigné dans une enquête d’"Envoyé Spécial" sur les EHPAD.

Jeune infirmière dans un Ehpad (image d'illustration)
Jeune infirmière dans un Ehpad (image d'illustration) © AFP / Stéphane de Sakutin

Hella Kherief a 29 ans. Elle a effectué de nombreuses vacations dans un hôpital privé à Marseille qui n’a rien à voir avec les enseignes mises en cause dans le reportage. Hella a largement eu le temps d’être testée sur ses compétences. La preuve, début septembre, elle signe un CDI. 

C’était sept jours avant la diffusion d’ Envoyé spécial où l’on voit Hella raconter comment elle fut licenciée pour insubordination d’un précédent établissement appartenant au groupe Korian. L’aide-soignante avait alors demandé des couches supplémentaires pour les patients. Affaire toujours en cours aux prud’hommes. 

France 2 ne le mentionne pas, mais Hella Kherief en a d’abord parlé sur France Culture, puis sur France 3, dans le magazine Pièces à conviction. C’est là qu’Envoyé spécial la repère. Sachant qu’elle accomplit régulièrement des missions d’intérim, la chaîne lui propose de filmer avec son téléphone ce à quoi elle assiste dans certains EHPAD. Chose faite, une nuit où Hella, aide-soignante remplaçante, se retrouve avec une seule autre collègue à gérer 90 pensionnaires qu’elle récupère perdus dans des couloirs ou ramasse par terre. Envoyé Spécial, jeudi dernier, diffuse ses images et son témoignage. 

Encore une fois, les deux maisons médicalisées dont Hella a osé parler aux médias n’ont aucun lien avec l’hôpital où elle devrait être en train de travailler ce matin. Encore une fois, ça fait des mois qu’elle y travaillait déjà. Seulement voilà, au lendemain du reportage, son employeur met fin, sans explication, à sa période d’essai. Cela est-il lié ? Peut-être. 

Cet hôpital vient-il de découvrir que l’aide-soignante avait été une lanceuse d’alerte ? Le mot est lâché. On l’associerait volontiers à des scandales d’écoute ou d’évasion fiscale à échelle mondiale. Mais non, parfois, ce sont de toutes petites voix qui brisent de toutes petites omertas, comme l’inhumanité marchande de certains EHPAD. 

La journaliste d’Envoyé Spécial me l’a bien spécifié : très difficile d’avoir des témoins. L’un des acteurs du marché a même tenté d’interdire la diffusion de l’enquête par référé. Le film est passé, ceux qui ont parlé doivent-ils payer ?

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.