Ce matin, naissance de BFM Lyon, déclinaison locale de la première chaîne d'info de France.

C’est la grande offensive du groupe BFM, son axe stratégique de développement : la télévision locale. Et c’est passionnant à l’heure où Netflix, média global, pense ses lancements de programmes à échelle planétaires. Résister grâce à la proximité. Le patron des programmes de France Télévisions, Takis Candilis, dit exactement la même chose que BFM : le local, notre planche de salut, là où échouent les plates-formes américaines. 

2016, BFM commence par lancer BFM Paris. Une petite rédaction de journalistes jeunes et polyvalents, d’ailleurs renforcée cette année pour couvrir les « gilets jaunes ». A Lyon, également, ils ne sont qu’une quinzaine, les présentateurs chargés de la réalisation de leur JT. L’équipe est en partie issue de TLM, Télé Lyon Métropole, chaîne rachetée en 2018. Création ou rachat, Strasbourg, Marseille, Toulouse pourraient suivre. 

A votre avis, qu’est-ce qui motive une telle conquête des Gaules ? La publicité de proximité ! Le gâteau que défendent jalousement les radios locales et la presse régionale. Restaurateurs, promoteurs immobiliers, concessionnaires autos sont donc désormais chassés par la régie de BFM qui leur propose un ticket d’entrée télé à 1000 euros les 30 secondes de pub… ça va faire mal. 

Sachez, par ailleurs, que c’est sur marché-là – les annonceurs locaux - que les cartes seront le plus rebattues cette année. Au ministère de la Culture et de la Communication, on nous concocte une petite réforme de l’audiovisuel. Les Echos croyaient savoir hier, que ça y est, la pub géolocalisée va être autorisée. Ca signifie que TF1, France 2 et M6 ne vous proposeront plus le même écran de pub selon que vous regardez la télé à Morgat ou à Montpellier. 

Jusqu’à présent, la loi l’interdit. Mais toutes les chaines nationales réclament la géolocalisation depuis longtemps. Si le Parlement valide cet hiver ce qui fuite d’ores et déjà du ministère, il faudra néanmoins des pare-feu pour protéger les journaux locaux et les stations de radio qui vont se faire piller leurs recettes publicitaires. Ainsi, peut-être, interdira-t-on aux télés nationales de citer, dans les spots, l’adresse des commerçants ? D’ici là, j’espère que vous comprenez mieux pourquoi BFM quadrille les région et prend les devants.   

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