Hier à Beyrouth, Emmanuel Macron s’est emporté contre un journaliste. Et ce n’est pas la première fois. 

Face à Georges Malbrunot et après parution d’un long papier de celui-ci dans Le Figaro. Raisins de la colère ? Probablement ces paroles que, selon Malbrunot, le président aurait adressées en aparté à un dirigeant du Hezbollah : « Tout le monde sait que vous avez un agenda iranien. Prouvez que vous êtes libanais ». Phrase qui a fait le tour des réseaux sociaux arabophones, phrase susceptible de pousser le Hezbollah dans ses retranchements. 

Le président a-t-il réellement tenu ces propos en off ? En piquant un tel coup de sang, Emmanuel Macron sème sciemment le doute sur la crédibilité de l’article. Mais il engendre aussi le sentiment inverse, laissant penser que ces propos s’avèrent d'autant plus embarrassants qu'ils sont vrais. Bref, une gueulante à double tranchant. Gueulante assortie d’un recadrage professionnel et déontologique. Dans les situations délicates, il y aurait ce que la presse peut faire et ce qu’elle ne doit pas faire. Ah bon ?

Le président ne s’est jamais fâché aussi fort. Toutefois, il est coutumier de ces leçons de journalisme délibérément assénées devant micros et de caméras, histoire de toucher toute une profession ainsi que le grand public. Emmanuel Macron peaufine ainsi, dans le regard des Français, une posture de surplomb vis-à-vis des médias dont il discrédite toute à la fois la démarche, le sérieux, l'intérêt et pourquoi pas l’ancrage social. 

Sortie du restaurant la Rotonde, au moment de l'élection. Et les huées de s’abattre sur l’envoyé spécial qui – précision - ne faisait pas la « leçon », mais venait de poser une question. Seulement, il est des questions qui agacent le chef de l’État. 

Forbach, 2017, excédé. 

Benarès, 2018, cinglant.

A qui le tour ?

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