La famille Agnelli, propriétaire de Fiat, opère un retour en force dans la presse.

John Elkann, 43 ans, est le petit-fils de Gianni Agnelli (dit l’avvocato)
John Elkann, 43 ans, est le petit-fils de Gianni Agnelli (dit l’avvocato) © AFP / Miguel Medina

Bonheur du capitalisme familial italien ! C’est un petit club très fermé avec lequel on ne s’ennuie jamais. Je vous ai parlé ici-même de l’incroyable famille De Benedetti. Un padre de 85 ans passés, ayant transmis son très beau groupe de presse à ses fils. Groupe qui comprend La Reppublica, Espresso et La Stampa, donc au moins deux des quotidiens les plus influents de la péninsule. Ca-ta-strophe. D’un bilan comptable éclatant, on est passé à l’alerte rouge maximale. Le père, Carlo De Benedetti, a donc traité publiquement ses trois fils d’incapables et a tenté, dans leur dos, une offre publique d’achat hostile pour récupérer les journaux qu’il leur avait lui-même légués. 

Ce grand déballage de linge sale familial n’ayant abouti qu’à une impasse, c’est un autre clan illustre, riche et puissant qui reprend le groupe, les Agnelli. Les propriétaires de Fiat, conduits aujourd’hui par John Elkann, 43 ans. Il est le petit-fils de Gianni Agnelli, dit l’avvocato. C’est son grand-père lui-même qui l’a choisi comme successeur. Il s’en sort d’ailleurs brillamment. Fiat est devenu l’allié de Chrysler et négocie actuellement son rapprochement avec Peugeot-Citroën dit PSA. 

John Elkann n’en demeure pas moins un héritier. Mettez-vous à la place des Italiens. Gianni Agnelli fut bien plus que le chef d’une grande famille d’industriels turinois, il fut une sorte de monarque rayonnant sur le plan international et incontournable sur le plan local. Gianni Agnelli fut désigné sénateur à vie de sa région, et a légué à la ville de Turin une immense collection d’œuvres d’art. Aujourd’hui encore, c’est un Agnelli qui préside la Juventus de Turin, le club de foot cher au cœur de Gianni. Or, que rachète son petit-fils ? La Stampa, c’est-à-dire LE journal de Turin…

Alors que les Agnelli possédaient, par le passé, un autre journal, Le Corriere della serra, dont ils n’ont plus voulu … alors que les journaux qu’ils récupèrent actuellement perdent de l’argent … Mais bon, l’Opération Fiat-PSA est d’envergure colossale pour le groupe, et dans ces périodes, il est toujours bon d’avoir la presse avec soi. Et puis, jusqu’où les Agnelli auraient laissé un étranger mettre son nez dans les affaires de Turin ? En Italie, les présidents du conseil pleurent, les grandes familles demeurent. 

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