Cette semaine, le 20h de TF1 inaugure sa nouvelle rubrique de vérification de l’information et des faits, en collaboration avec l’AFP.

TF1 lance cette semaine une rubrique de factchecking dans son journal de 20h
TF1 lance cette semaine une rubrique de factchecking dans son journal de 20h © AFP / Joël Saget

Libération et Le Monde en proposaient déjà et exportaient leurs rubriques sur BFM, RMC ou France 5. France 4 s’y met. Le JT de France 2 se renforce et Franceinfo avec une émission hebdo. Cela paraît massif comme riposte aux intox du web qui font bouillir des groupes Facebook de gilets jaunes, ou que certains élus sans scrupule jettent en pâture dans le débat public. En réalité, non. Peu de médias accordent de vrais moyens à cette tâche spécifique. Et très peu de journalistes (sur les 35 000 cartes de presse françaises) sont formés à cela et s’y attellent à plein temps. 

Pourquoi en parle-t-on autant ? 

Parce que la discussion politique s’est méchamment polarisée. Polarisation renforcée par les bulles d’information dans lesquelles les réseaux sociaux tendent à enfermer chaque camp. 

L’irruption du « fact checker » là-dedans, au lieu de mettre tout le monde d’accord (il rétablit un lieu, une date, l’origine d’une photo détournée, l’exactitude de propos polémique, etc…), agit comme une bombe idéologique. La réhabilitation d’un fait est souvent perçue comme un parti pris, comme une lecture partisane du camp adverse. 

Résultat, sur Twitter notamment, les « fact checkers » sont assaillis par les militants de tous bords. 

Et ceux qui ne sont pas militants alors ?

Ils pointent leur incapacité à faire taire les rumeurs et ils accusent le « fact checking » de donner de la visibilité à des mensonges dont on voudrait limiter la contagion. C’est vrai ! Sacrée responsabilité de détailler une info bidon dans le 20h de TF1, c’est la faire connaître à un public qui n’en a parfois jamais entendu parler. Alors, si en plus ça ne sert à rien ... 

Et bien si, ça sert à une chose : à tuer d’emblée le commentaire sibyllin, « mais ça évidemment les médias n’en parlent pas », qui accompagne chaque « fake news » pour vous faire croire que la chose est tenue secrète, que les journalistes la taisent volontairement, que vous êtes un élu d’en entendre parler sur Internet. Bref, le venin qui fait basculer la « fake news » dans un complot plus vaste, celui du « tout ce qu’on vous cache ». 

Les JT de 20h vont braquer les pleins phares sur ce qui se nourrit de l’ombre. Au fantasme d’obscurité, je ne vois pas, moi, meilleur remède que la lumière. 

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