La semaine dernière, Canal + annonçait la fin de deux de ses marqueurs phares des années 80 : le foot et les Guignols.

Pour ce qui est des droits du championnat de Ligue 1, l’issue s’est avérée désarçonnante. Pour les marionnettes satiriques, elle était inéluctable. Après un sacré scandale en 2015, Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire et patron tout puissant, les avaient maintenues à l’antenne, tout en les enterrant et les en les aseptisant au point qu’on se fiche totalement de les voir disparaître. En outre, Canal+ a besoin du football, question de modèle économique. Mais Canal+ n’a plus besoin des Guignols. 

Pourquoi, parce qu’ils ne font plus d’audience ?

Non, parce que notre consommation de la télé a changé. Nous, on veut des jeux, des séries, des documentaires, des magazines … et on commence petit à petit à n’avoir que faire la chaine qui les diffuse. On regardait Yann Barthès sur Canal+, il marche tout aussi bien sur TMC. On avait adoré le « Burger Quizz » d’Alain Chabat, ex-Nuls, donc viscéralement ancré dans l’histoire de la chaîne cryptée. Ça n’a dérangé personne de le voir renaître sur une filiale de TF1. 

Entendons-nous bien. Les chaînes ont besoin d’émissions fortes pour faire de l’audience et pour fidéliser. La Une a besoin de Koh Lanta, C8 a besoin d’Hanouna, France 2 a besoin de Nagui. Mais l’inverse n’est plus vrai. Ces programmes ne sont plus des marqueurs. Chaînes et programmes ne sont plus des ferments d’identité indissociables les uns des autres. 

D’ailleurs, Canal+ n’en cherche plus des marqueurs, comme l’ont été les Guignols ou le porno. Plutôt des programmes que le public ira chercher : en décalé, en replay, sur son ordi, sur son smartphone. Du cul et de la satire, pas la peine, il y en a partout. Canal propose d’autres choses qui, d’ailleurs, ne cherchent plus à raconter ce qu’est Canal+ elle-même, mais ce que les gens veulent et qu’ils ne trouveraient – attention, jeu de mot - « nulle part ailleurs ». 

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