Un sketch de "Groland", diffusé il y a quelques jours sur Canal +, déchaine les foudres du gouvernement italien.

"Corona Pizze", le sketch de Groland qui irrite le gouvernement italien
"Corona Pizze", le sketch de Groland qui irrite le gouvernement italien © Capture d'écran : https://www.youtube.com/watch?v=3lIBYzOgM9M

Diffusé samedi soir dans le « Zapoï » et dans la veine de cette vieille émission satirique qui aime le popu, le potache, l’absurde et le crapoteux-crado. Les Grolandais ne s’embarrassent pas de bon goût, et si l’envie de vomir vous prend en cours de visionnage, mission accomplie, ils lèveront leur verre bien haut à cette répugnance bourgeoise qu’ils aiment titiller par la glotte.  

Imaginez donc une fausse annonce de sponsoring, comme il en existe en préambule des programmes télé. On y voit un pizzaiolo sortir sa "quatre saisons" du four, la humer, et y cracher un gros molard bien vert. Avec gros plan sur le glaviot, évidemment. Le quotidien italien La Repubblica reprend la vidéo sur son site, mais la fait précéder de la mention : "Attention, les images qui vont suivre pourraient heurter votre sensibilité". Le ton est donné. 

De l’autre côté des Alpes, le sketch a été pris au premier degré. Condamnation immédiate d’Enrico Letta, ancien Premier Ministre, qui qualifie la séquence de "dégoûtante" et attend de la chaîne qu’elle la retire et s’excuse. Quelques minutes après, Luigi di Maio, ministre des Affaires Étrangères, se dit révolté. Il active l’ambassade de son pays à Paris et invite les auteurs de Groland à venir manger une pizza en Italie, "une pizza comme ils n'en auront jamais mangée de leur vie" !

En ligne de mire, la grande peur transalpine, celle de voir son commerce extérieur anéanti par l’épidémie. Dans ce registre, le pare-feu de Teresa Bellanova, ministre de l’Agriculture italienne, est le plus explicite. Elle martèle : "nos produits sont sûrs et de très grande qualité…". Pas de satire qui tienne pour elle, elle accuse Canal de "mystifier délibérément les faits, de diffuser des fake news pour propager la peur, pour diviser, pour créer des barrières mais aussi pour légitimer une concurrence déloyale". 

Franchement, on comprend qu’une vanne pourrie soit, en Italie, irrecevable à l’heure du 79ème mort. Mais de là à voir dans la bande de Groland le bras malfaisant du protectionnisme économique français, c’est complotiste, aberrant et inutile. Lecture que l’extrême-droite italienne reprenait hier bien volontiers.    

Canal ne s’est néanmoins pas fait prier, radiant la vidéo de l’ensemble de ses canaux et promettant d’adresser dans la foulée, une lettre d’excuses à la Nation italienne.   

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