Ca y est, c’est officiel, le canal jeunesse de la BBC transplanté sur Internet va redevenir une chaîne de télévision à l’ancienne.

Vous savez que France 4, chez nous, a gagné un an de survie grâce à ses programmes ludo apprenant diffusés pendant le confinement. Notre chaîne jeunesse doit néanmoins fermer le 21 août prochain. Décision du gouvernement. Pour réduire les dépenses et s’adapter aux nouveaux usages des jeunes de plus en plus connectés et de moins en moins devant la télé. 

Alors autant vous dire que tous les défenseurs du maintien de France 4 – ils sont nombreux – attendaient avec impatience un signe des Anglais qui ont fait cette expérience il y a maintenant cinq ans. La décision est tombée mardi, par communiqué. La BBC regrette, elle s’est plantée, elle fait machine arrière. C’était une erreur de basculer la chaîne jeunesse sur le web. BBC 3 va redevenir, dès 2022, une chaîne de télé à part entière. 

Quelques-uns de ses hits : la série « Killing Eve », une histoire de psychopathe a fini par être diffusée sur BBC One tellement, c’était aberrant de la laisser cantonnée au web. Ou encore RuPaul. La super star des « drag queens », qui décline son programme en Grande-Bretagne. 

Bilan de cinq années de diffusion sur Internet : les économies réalisées par le mastodonte de l’audiovisuel anglais sont insignifiantes. L’audience de la BBC ne cesse de vieillir. Or BBC 3 fait baisser la moyenne d’âge, en recrutant et en fidélisant les téléspectateurs de demain. Enfin, l’Angleterre - notamment au Nord du pays - compte une population défavorisée trop mal servie par le numérique pour être abandonnée de l’audiovisuel public. 

C’est marrant, exactement ce que s’emploient à faire entendre les défenseurs de France 4. En termes d’économie : une poignée de millions sur un budget de 2,5 milliards pour France Télévisions. En termes d’âge : l’enjeu est d’autant signifiant que BBC 3 vise les 15-35 ans quand France 4 commence dès la petite enfance. Côté mission de service public : plus le public est jeune, plus la mission est éducative, plus l’Etat se doit d’en être le garant. Par ailleurs, spécificité française : ce n’est pas le fonctionnement de la chaîne qui coûte cher aux finances publiques, mais la somme allouée à la production de dessins animés. Bon, on parle de 32 millions d’euros par an qui financent une industrie de haut niveau s’exportant à merveille. En sera-t-il longtemps de même si la chaîne de télé est sacrifiée ?   

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