BFM TV accélère encore son investissement en région. Mais quel intérêt pour la première chaîne info de devenir une marque régionale ?

dans les locaux de BFM TV Lyon
dans les locaux de BFM TV Lyon © AFP / Jeff Pachoud

A première vue, la pub locale ! Le concessionnaire auto et le salon du je-ne-sais-quoi. Je vous en ai parlé au lancement de BFM Lyon qui faisait suite à celui de BFM Paris : ces annonceurs de proximité, tout le monde veut les dévorer. Or, BFM va très vite. Le Journal du dimanche croit savoir que la chaîne rachète 50% du réseau Vià, composé de 22 télés locales à Montpellier, Nîmes ou encore Brest et Grenoble en partenariat avec la presse quotidienne régionale. 

Cela rend furieux qui, à votre avis ? 

TF1, son réseau de correspondants régionaux et son journal de 13 heures, les deux pieds dans le terroir, au plus près de chez VOUS et de VOS préoccupations. 

Autre cible : France 3 que le gouvernement veut plus régionale que jamais ! Tout en lui rabotant sévèrement le budget… France Télévisions doit matcher contre des plates-formes vidéo à visée internationale, mais aussi contre des opérateurs privés, comme BFM TV, qui attaquent directement son précarré, la proximité. Le tout, avec moins d’argent qu’avant. Bonne chance… 

Quand même, quelle mutation passionnante que cet appétit pour la télévision locale. BFM a un propriétaire, Patrick Drahi, qui possède des médias aux Etats-Unis et en Israël. Mais, au lieu de rêver à son CNN, il conquiert Lille et Perpignan… C’est étonnant. 

En fait, cette stratégie locale est la réponse à deux mutations, l’une technologique, l’autre sociologique. 

La maison mère de BFM est aussi celle de l’opérateur SFR qui s’enquiquine en ce moment à aller installer la fibre dans tous les recoins de la France. Donc, ces gens-là savent très bien que bientôt tout le monde aura la télé par Internet. Rien à cirer des chaines de la TNT. Chacun aura son bouquet avec SA chaîne locale… 

Sociologiquement, maintenant. BFM TV s’est pris des patates pourries pendant les rassemblements de gilets jaunes. En cause, ses reporters qui ne débarqueraient en commando « que lorsque les bagnoles brûlent ou que Marine Le Pen se déplace ». Je caricature, mais a surgi la critique d’une chaîne qui cherche le spectaculaire loin des complexités et des nuances du terrain. Alors imaginez, si cette même télé devient la référence près de chez vous ? Joli pied de nez. 

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