Les chaînes Bein réclament un milliard de dollars de dédommagement pour des droits sportifs piratés.

Bein parle même du « piratage le plus répandu que le monde ait jamais connu en matière de retransmission sportive ». Une plainte déposée devant l’Organisation mondiale du commerce qui vise qui ? L’Arabie saoudite. Accusée de quoi ? De posséder un opérateur satellite, Arabsat, et de laisser proliférer une chaîne, BeoutQ, tous deux diffusant, sans les droits, des contenus sportifs à grande échelle dans le monde arabe. 

L’affaire est colossale et n’a rien voir avec le sport. Bienvenue dans une guerre purement géostratégique que deux puissances se mènent par télés interposées.

Bein (on connait en France Bein Sports) est un groupe audiovisuel qatari. De même que la très célèbre chaîne info Al-Jazeera qui appartient également au Qatar. Le minuscule émirat a en effet investi ses pétrodollars dans des médias lui apportant un rayonnement international. 

C’est donc à ce précieux outil qu’ont décidé de s’attaquer l’Egypte et les monarchies du Golf. Celles-ci ont rompu diplomatiquement avec le Qatar accusé de soutenir le terrorisme et elles exigent, entre autres, la fermeture pure et simple d’Al-Jazeera. Cette chaîne est devenue leur mouton noir, tant elle se fait fort de donner la parole à tous les courants et toutes les sensibilités du monde arabe. Ayant tendu le micro aux Frères Mulsulmans, Al-Jazeera a dû fermer ses bureaux au Caire. Elle est désormais indésirable aux Emirats et en Arabie Saoudite. L’Arabie Saoudite qui a lancé une contre-offensive cathodique : sa chaîne à elle, Al-Arabiya

L’Arabie peut interdire d’écran Al-Jazeera ou financer une chaîne concurrente, le royaume n’en est pas moins conscient de la puissance du sport en matière de soft-power. D’où sa nouvelle offensive sur la diffusion de nombreuses compétitions. 

Encourageant le piratage ? Ça, c’est Bein qui le dit. Mais Ryad a annoncé sa volonté de créer une chaîne sportive entièrement gratuite pour concurrencer Bein.    

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