Natacha Polony, a été nommée hier directrice de la rédaction de « Marianne »

Natacha Polony devient la nouvelle directrice de "Marianne"
Natacha Polony devient la nouvelle directrice de "Marianne" © AFP / Loïc Venance

Nouvel alliage, sur fond d’inconnu

Marianne va être racheté par un homme d’affaire tchèque, Daniel Kretinsky qui s’est offert, aussi, les magazines du groupe Lagardère. Quel patron de presse sera-t-il en France ? Pas la moindre idée. 

Natacha Polony, en revanche, on la connaît

Plume du « Figaro », voix du Grand face à face de France Inter le samedi, elle revient à la tête d’un journal où elle a déjà travaillé. Il fut fondé par Jean-François Kahn, inoxydable « centriste révolutionnaire ». 

Ni gauche, ni droite. « Marianne » ne milite pas, « Marianne » cogne. Encore lui faut-il trouver le bon putching-ball. 

Sous Nicolas Sarkozy, extase : « La Honte de la République », « Le Voyou de la République » même et ce titre, « Putain 4 ans ! ». Patience « Marianne », fallait savourer. 

Arrive François Hollande. Là, c’est la gueule de bois. Des dirigeants du journal sont débarqués. Il y a, avec eux, de gros contentieux financiers. 

Surtout, Marianne qui a perdu son filon éditorial, s’enfonce dans la banalité. En 2014, l’hebdomadaire vend moitié moins qu’en 2010 ! 

Attention, Marianne a toujours conservé des vraies plumes et de très bons enquêteurs. Mais le journal n’avait plus d’os à ronger. Renaud Dély, son patron des deux dernières années, va lui en retrouver, ce sera la laïcité. Marianne, gardien du temple républicain, pointe sans phare l’antisémitisme des quartiers depuis un bail. Mais là, Dély passe un cap en bastonnant sur l’islamisme et les « idiots utiles », les « bien-pensants » qui « s’apitoient sur le destin des malheureux terroristes ». 

Dans ce débat, Marianne a souvent dit la même chose que Le Figaro, mais pas au nom des cathos ; que Le Point, mais pas au nom des libéraux ; et que Valeurs actuelles, mais pas au nom des fachos. 

Natacha Polony reprend le flambeau. Plus souverainiste, plus conservatrice que Renaud Dély, plus en prise avec les penseurs aussi, Polony n’a en général peur ni de s’engager, ni de cogner

Reste à savoir, si ce journal qui va perdre son indépendance économique conservera sa liberté de fronder. 

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