Scandale en Italie : un rappeur ultra-populaire accuse la Rai de pressions politiques et de tentative de censure. Ou comment relancer l’éternel débat transalpin sur la trop grande dépendance de la Rai vis-à-vis des partis.

Fedez en concert à Rome le 1er mai
Fedez en concert à Rome le 1er mai © Getty / Roberto Panucci/Corbis

Fedez, chanteur italien, idole des jeunes, tatouage, belle gueule, rap super pop et grand public. Fedez, invité de la Rai 3, pour le concert du 1er mai. Sur scène, le jeune homme se lance dans un discours dans lequel il dénonce les obstructions parlementaires dues à l’extrême-droite italienne, la Ligue de Matteo Salvini. Il dénonce aussi, l’homophobie, non pas ordinaire, mais virulente des élus de ce parti. Entre deux morceaux, Fedez égrène ainsi des phrases ignobles comme « Si j’avais un fils gay, je le brûlerai au fourneau » ou « Les gays sont une catastrophe pour la reproduction et la conservation de l’espèce ».

Et le rappeur de rendre à César ce qui est à César. Chaque citation est remise publiquement dans la bouche de son auteur. Les anglo-saxons appellent ce procédé médiatique le « name and shame ». Nommer et faire honte.

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Avant de se lancer, Fedez prend soin de régler ses comptes avec la chaîne de télé sur laquelle il est diffusé, précisant que ses dirigeants ont fait des pieds et des mains pour qu’il renonce à sa harangue du 1er mai. La Rai 3 dément immédiatement. Mais Feddez poste sur les réseaux sociaux un enregistrement de la conversation téléphonique qui a précédé le concert. On y entend clairement le producteur et l’une des directrices tenter de le dissuader.

Le type explique à Fedez qu’il ne peut pas se permettre d’attaque nominale sur scène, parce que les gens cités ne sont pas là pour se défendre

Argument qui pourrait s’entendre si la Rai n’était pas elle-même présidée par Marcello Foa, journaliste connu pour ses positions xénophobes, homophobes, ultranationalistes et parfois, complotistes. Le Bilan de Foa à la tête de l’audiovisuel public italien s’avère aussi désastreux en matière de finances que d’audience. Par ailleurs, Marcello Foa doit sa nomination aux manœuvres de Matteo Salvini, à l’époque où il était au gouvernement. Le patron de la Rai redevable au patron de l’extrême-droite italienne. Un gardien le temple. Ou comment un rappeur relance l’éternel débat transalpin sur la trop grande dépendance de la Rai vis-à-vis des partis. 

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